Il faut acheter des lunettes pour le cher Jean Philippe Tanguy.
Il nous plaisait de l’entendre lorsqu’il sabrait l’inconscience, la bêtise, l’ignorance ou l’avidité de nos tristes hommes politiques.
Hélas il vient de se planter en comparant le voile islamique à nos costumes traditionnels bretons. « Moi je suis d’une famille bretonne, a-t-il dit à l’Assemblée Nationale, si vous regardez les photos du XIXème les femmes étaient voilées. Parfois de noir, parfois avec de belles dentelles, mais l’esprit était le même, à savoir que le corps de la femme était impudique, il fallait le cacher. » Les femmes portaient des voiles noirs le jour des enterrements, bien sûr, les veuves de la guerre de 14, chaque jour que Dieu fait, des chapeaux couvrants, les jours de récolte en plein soleil, pour protéger leur visage. Mais le costume breton n’est en rien conçu pour cacher son corps. Il souligne la taille et les coiffes de dentelle blanche aussi nombreuses que les paroisses bretonnes mettent en valeur les jolis visages, les pommettes hautes, la peau claire et les larges sourires. Ces coiffes étaient une carte d’identité, on pouvait savoir où elles étaient nées, si elles étaient filles ou femmes, et leur niveau de fortune révélée par la finesse de la coiffe. « Honneur à nos aïeux si sages, si sages. » écrivait Mistral. Parler d’impudeur du corps de la femme, pauvre Jean Philippe, c’est utiliser le langage d’une autre religion que la nôtre. J’eusse préféré que vous interdisiez le string brésilien qui fait fureur sur les plages en ce moment et nous imposent la vue de grosses fesses très impudiques pour le coup ! On finirait par préférer le voile musulman ! Le temps des coiffes était un autre temps, un temps pudique où le sexe ne s’étalait pas, les parents dormaient dans un lit clos. Si l’Islam impose le voile c’est qu’il a une définition de la femme bien différente de la nôtre.
Retournez en Bretagne, comme je le fais presque chaque année, participez aux festnoz, dansez, admirez le festival interceltique de Lorient, et vous trouverez tout un peuple enraciné qui ne renie pas ses ancêtres, qui préfère, pour ses fêtes, le costume breton à l’accoutrement mondialiste, tee shirt publicitaire, jeans et baskets.
Parce que le costume traditionnel c’est l’âme d’un peuple.
Et s’il vous plaît prenez soin de l’âme de notre peuple, vous serez alors utile.
Anne Brassié
qui aime tellement les coiffes bretonnes qu’elle a mise en couverture de son dernier livre, Lettre à mes petites filles (Thebookeditions.com) la photo d’une coiffe bigoudène reçue dans sa jeunesse, des mains de son père d’origine bretonne.
Je vous signale un site internet, Tempête de l’Ouest, qui vend des coiffes et des chapeaux bretons superbes, et bien d’autres choses délicieuses, à petit prix.
