La chute d’un héros socialiste

Aucun lycée, aucune avenue, aucune place de France ne devrait s’appeler Jean Jaurès. Il pourrait, aujourd’hui, être traîné devant les tribunaux pour diffamation, discrimination et incitation à la haine religieuse…contre les catholiques .Et pourtant l’année 2013 va être consacrée à la célébration de ce bon socialiste mort ,assassiné le 31 Juillet 1914.

La biographie que vient de lui consacrer Bernard Antony qui ne déteste pas son personnage, ils sont du même pays, le Tarn, est une révélation des raisons de cette réputation. Il fut aux côtés du petit père Combes et de l’affreux Jules Ferry pour anéantir l’Eglise catholique, expulser ses congrégations et interdire l’enseignement catholique. Il admirait la cathédrale d’ Albi « bien qu’elle symbolise tant de siècles d’ignorance et de douleur. »

Remarquable orateur, d’une grande culture, ce brillant normalien donne toute sa mesure en rédigeant en feuilleton pour les militants du parti L ‘Histoire socialiste de la révolution française. Les envolées lyriques sur les mille et un bienfaits de cette période se succèdent, comme la justification des pires actes dont le vol des biens d’église, la nation avait besoin d’argent et le martyre infligé à tant de français. Il finit, tiré comme un lapin, la Providence a de l’humour !

L’inquiétant c’est que Vincent Peillon, ministre de l’éducation est un fan de Jaurès. Or en lisant l’ histoire de la révolution de Jaurès, on se rend compte que notre 21 ième siècle reste imprégné de tous ses mots d’ordre : l’ennemi de la république, catholique le plus souvent, est criminel, il n’y a pas à le juger mais à l’exterminer. C’est un fanatique, un ennemi du peuple, un traître. Enfin il faut régénérer le peuple. Un exemple parmi tant d’autres prouve actuellement l’ostracisme déterminé de la République et de son bras armé , le CSA qui refuse à la télévision catholique KTO le droit d’émettre  sur TNT alors qu’elle vient d’accepter la candidature d’une télévision consacrée aux minorités raciales, religieuses ou sexuelles, intitulé Tvous la diversité. On peut en conclure deux choses ,une bonne : les catholiques ne sont pas une minorité ! et une mauvaise les catholiques sont des mous de supporter cette interdiction !

Bernard Antony  cite en parallèle les jugements de Taine, de Furet,  de Courtois et de Reynald Sécher et se moque des thuriféraires de cette exquise période que sont Soboul et Rébérioux. Il est brillamment interrogé par Cécile Montmirail ce qui rend le livre aisé à lire. Bref une réplique magistrale préventive ,comme l’écrit, Yves Daoudal dans Reconquête, à toute la propagande qui va encore déferler sur les ondes et dans la presse.

Pour en finir avec la célébration du socialisme ,

L’abbé de Tanouarn nous a proposé sur son blog ce texte du pape Pie XI tiré de Quadragesimo anno  qui condamne non seulement le communisme, mais, explicitement, le socialisme né de la scission du Congrès de Tours :

« Nombreux sont les catholiques qui, voyant bien que les principes chrétiens ne peuvent être ni laissés de côté ni supprimés semblent tourner le regard vers le Saint Siège et nous demander avec insistance si ce socialisme est suffisamment revenu de ces fausses doctrines pour pouvoir, sans sacrifier aucun principes chrétien, être admis et en quelque sorte baptisé.

Voulant, dans notre sollicitude paternelle, répondre à leur attente, nous décidons ce qui suit : qu’on le considère soit comme doctrine, soit comme fait historique, soit comme action, le socialisme, s’il demeure vraiment socialisme, même après avoir concédé à la vérité et à la justice ce que nous venons de dire, ne peut pas se concilier avec les principes de l’Eglise catholique, car sa conception de la société est on ne peut plus contraire à la vérité chrétienne. Selon la doctrine chrétienne, en effet le but pour lequel l’homme, doué d’une nature sociable, se trouve placé sur cette terre est que, vivant en société et sous une autorité émanant de Dieu, il cultive et développe pleinement toutes ses facultés à la louange de son Créateur et que remplissant fidèlement les devoirs de sa profession ou de sa vocation quelle qu’elle soit, il assure son bonheur à la fois temporel et éternel. Le socialisme, au contraire ignorant complètement cette sublime fin de l’homme et de la société, ou n’en tenant aucun compte, suppose que la communauté humaine n’a été constituée qu’en vue du seul bien être… Que si le socialisme, comme toutes les erreurs, contient une part de vérité (ce que d’ailleurs les Souverains Pontifes n’ont jamais nié) il n’en reste pas moins qu’il repose sur une théorie de la société qui lui est propre et qui est inconciliable avec le christianisme authentique. Socialisme religieux, socialisme chrétien, sont des contradictions : personne ne peut être au même temps bon catholique et vrai socialiste.» (Encyclique Quadragesimo anno, paragraphe 54 et 55).

Photocopiez, seul le papier reste et distribuez pour que la célébration à venir du grand tarnais soit un peu moins flambante et qu’on en finisse avec les discussions oiseuses.

Jaurès le mythe et la réalité . Bernard Antony . Atelier Folfer.

Anne Brassié

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