Merci !

> Le compte-rendu du Parisien.

Merci d’être venus manifester votre colère et votre opposition à l’intrusion de Murakami dans les appartements royaux. 200 tracts ont été distribués, ce qui indique une belle assistance, nettement supérieure à la manifestation anti Koons d’il y a trois ans. Ni extra terrestre, ni fleurs artificielles ni champignons, ni grenouilles autres que celle du bassin de Lattone ne sont acceptables. Les media étaient là en grand nombre. Notre refus a été entendu et répercuté. Ces mêmes media interrogeant les touristes du château ont été sidérés du rejet quasi unanime de ces oeuvres en ce lieu.

Continuons sur notre élan. Accroissons le nombre de signatures. Restons en alerte. Toutes vos idées seront les bienvenues. Notre réaction est l’affaire de chacun. Notre adresse courriel : versaillesmonamour@yahoo.fr.

Le collectif Sauvegarde du château de Versailles
Stephanie Prevot
Eric Martin
Anne Auger

> Le discours de Stéphanie :

“Un des maigres arguments avancés par nos détracteurs est :

« Louis aurait aimé ça » !? Lui!

Pas si sûr…

Que fait ce Bouddha défiguré et doré à outrance entre le château, le bassin de Latone et celui d’Apollon? Quel sens ce personnage a-t-il dans cette perspective? Imaginons un instant une parenté artistique entre Louis XIV et Murakami: à la place de Latone déesse envoyée sur terre suite à la colère de Junon et au prise avec des humains peu accueillant, nous devrions avoir un Jupiter MONUMENTAL, doré, avec le soleil sous le bras, par exemple. Effectivement là, il y aurait eu une parenté. Mais il se trouve que Louis, aux pieds de Latone, nous propose de choisir de nous métamorphoser sous peine de l’être de toute façon mais en grenouille ou en tortue symbole du repli sur soi. Ce bassin de Latone est la porte d’entrée vers un voyage initiatique mené à la guise du visiteur.

Quel lien encore entre cette caricature de Roi nu à la très grosse tête et le message contenu dans la seule représentation de Laocoon. Laocoon grand notable de Troie a commis le péché de chair sur le trône de Zeus. Pour le punir le Dieu des Dieux lui envoie un serpent qui l’étouffe alors que Laocoon voulait prévenir ses concitoyens du danger du Cheval de Troie. Louis nous avoue là qu’il est pécheur mais nous demande de l’écouter. Ou est la grosse tête du Roi? Ou est la démesure murakaméenne?

Dans ses jardins comme dans son château, Louis cherche l’harmonie et comme la simplicité, il sait que cette recherche est le travail d’une vie. Bien sur il est avant-gardiste, puisqu’il cherche. Il creuse dans nos racines, dans la nature humaine et le cosmos. Il nous propose des pistes, des petits sentiers de réflexion. Il s’attache à chaque détail, il oriente ses statues, les réoriente, il cherche et cherche encore plus de sens, de profondeur.

Après avoir symboliquement louvoyé une vie durant entre les bosquets sud de la connaissance de soi et les bosquets nord de la vie sociale, Louis nous invite à suivre l’allée royale jusqu’au soleil couchant, jusqu’à Apollon, l’UNIQUE, vers la bonne mort.

M Aillagon, nous pourrions continuer des heures à vous démontrer l’incongruité de ce décalage que vous nous imposez… Néanmoins, nous ne demanderions pas mieux que de suivre nos chefs, nos représentants, mais comment le faire quand ils nous contraignent à mettre sur le même rang l’œuvre d’un Murakami et l’œuvre de Louis XIV, des assemblages bariolés, difformes et une œuvre regorgeant de sens.

Nous pensons en manifestant notre mécontentement et notre désaccord aujourd’hui, assumer notre responsabilité. En effet, comme les matelots d’Ulysse nous voulons VOUS attacher au mat pour que vous ne succombiez plus au chant des sirènes de la tentation spéculative et que le beau bateau Versailles ne s’échoue pas sur le récif de l’absurde.

M Aillagon, s’il vous plait soyez digne de votre fonction.

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