In guerra per amore ou Bienvenue en Sicile


Deux siciliens exilés en Amérique participent en 43 au débarquement des troupes américaines en Sicile , par amour , Arturo pour demander la main de sa fiancée à son père resté dans l île, et  Philip par reconnaissance pour sa patrie d’adoption.

Le réalisateur , Pierfrancesco Diliberto a travaillé avec Zeffirelli et  dédie son film à Ettore Scola. Jouant lui même le  rôle d’Arturo, il  a composé une oeuvre d’une originalité extraordinaire profondément italienne. Personnages des aveugles tirés de la Commedia dell Arte. Histoire d’amour et scênes de la vie quotidienne du temps,  scènes de guerre cruelles, satire politique enfin corrosive  à souhait. En effet les américains s’appuient sur la maffia sicilienne et libèrent tous ses membres emprisonnés par Mussolini. Ce qui aura de lourdes conséquences pour l’Italie.  L’avant dernière scène du gros chef maffieux local qui remporte les élections et déclare :”La démocratie c’est nous” vaut son pesant de cacahuettes. Quand à la dernière, le héros assis sur un banc devant la Maison blanche attendant que le président américain le reçoive pour écouter sa plainte montre encore que la démocratie n’a rien à voir avec la monarchie. A Versailles on pouvait parler au roi…..

C’est le 3ème film sur la maffia du réalisateur   qui est né à Palerme.

 

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Monsieur Je sais tout

 

Très joli film à voir en famille. Un jeune garçon autiste est délaissé par sa mère et élevé par sa grand mère. Cette dernière étant hospitalisée on le confie à son oncle qui, lui, a été délaissé par son père. Il est entraineur de foot et doit partir en Chine pour un nouveau poste. Ce petit garçon est un frein pour ce projet. En réalité tous les membres de cette famille ont du  mal à s’exprimer , à dire leurs sentiments. Le plus normal et le plus communicant est Léonard qui dit la verité.  Beaucoup de profondeur et de finesse , de belles images de l’ile de Ré et de La Rochelle, et  une fin heureuse .

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Sur les écrans L’île aux chiens et Larguée

L’ile aux chiens est une excellente fable politique, corrosive à souhait. Certains critiques y ont reconnu la Corée du Nord, moi j’y ai retrouvé nos hommes politiques. Un tyran municipal veut dégager les chiens de sa ville, il invente donc une grippe canine. Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage, disait notre grand LaFontaine. J’ai pensé à la grippe aviaire et aux maladies qui ont décimé nos troupeaux…. Mais les chiens ne renoncent pas et un petit garçon  les rejoint dans leur île poubelle pour sauver son compagnon. Intelligent et drôle.  Pour tout public et grand adolescents .

 

 

Larguées. Leur mère ayant été plaquée par son mari, ses deux filles l’emmènent dans un club med au bout du monde. Miou Miou joue fort bien,les deux filles aussi différentes que possible aussi. Beaucoup de vérité, un peu de légèreté. Le voyage vaut la peine et fait du bien à chacun, aux protagonistes comme au spectateur. Pour adultes.

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Le Messie de Haendel somptueusement chanté

Musique pour le temps de Pâques , cette messe si connue est somptueusement chantée par un choeur et des solistes magnifiques. Le directeur de l’ensemble Jubilate, Michel Lefevre , a eu l’idée d’illustrer son concert avec les tableaux de Philippe de Champaigne. Un moment de pur bonheur musical et spirituel.

 


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Sur les écrans Tout le monde debout

Ce film réalisé et joué par Franck Dubosc fait du bien. Un narcissique sportif et dragueur se fait moucher par la belle Alexandra Lamy depuis son siège de paraplégique. Dialogues enlevés, situations marrantes et finalement profonde réflexion sur le comportement de chacun et la force de l’amour bien sûr. Mais pourquoi tant de vulgarité assumée et répétée. Basta….

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sur les écrans La finale

 

Un joli film sur un sujet triste, l’alzeimer

Un grand adolescent doit garder son grand père atteint de cette maladie. Mais il veut participer à une finale de championnat junior de basket a Paris. Qu à cela ne tienne il emmènera son grand père. S’en suit une suite de gags fins et mélancoliques. Des acteurs parfaits dont Thierry Lhermitte.

A voir en famille ne serait ce  que pour préparer les jeunes a cette situation.

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Un monde sans Dieu devient fou.

Ecoutons Eric Audouard, l’ambassadeur français de l’immense écrivain chrétien, Leonardo Castellani. Argentin, il   avait une âme de feu et une plume d’acier non dénuée de poésie et de tendresse. Il a vu toutes les folies cliniques de notre temps et nous en donne le remède,  retourner à Dieu et vivre sous son regard.

 

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sur les écrans Marie Madeleine

Notre montée vers Pâques est embellie de plusieurs films chrétiens, certains réalisés par des athées , qui sont à voir, en famille.  Marie Madeleine évoque l’appel de Marie Madeleine à suivre le Christ et les 12 apôtres, leur arrivée à Jérusalem, la Passion et la Résurrection. La vocation de Marie Madeleine rayonne dans le visage de l’actrice et son attitude . Sont balayés toutes les sornettes sur le soi disant amour . Son départ la couvre de honte, elle et sa famille puisqu’ elle refuse son destin, épouser un veuf sur les injonctions de sa famille. Seules les femmes demeurent au pied de la croix, et devant le tombeau,  au matin de Pâques. 

Images et paysages très beaux, Jésus convaincant, Portrait de Judas original. Le scénariste nous donne une explication de sa trahison que je vous laisse découvrir.

2 questions demeurent: pourquoi faut il que Saint Pierre soit noir ? et pourquoi changer les paroles du Christ à Saint Pierre: ” Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église ” Cela devient a peu près, de mémoire vous êtes des pierres et chacun de vous sera une église…

Un peu protestant, non !

 

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Sur les écrans La prière

Une bien belle prière, celle de Cedric Kahn , nous est offerte,  qui vient au secours des affligés, ici un jeune drogué breton qu ‘une communauté va sauver de son addiction et rendre à son destin à nouveau maitrisé. Des images superbes des Pré Alpes , mais surtout des gros plan de visages comme dans les tableaux de Fra Angelico, avec les mêmes anges gardiens. Une musique céleste, Bist du bei  mir. La règle monastique, travail et prière,  la charité, la fraternité , la supplication à la Vierge sont des méthodes gagnantes. Pourquoi nos contemporains l’ignorent ils ?

On devrait y emmener des classes entières pour leur faire comprendre les ravages de la drogue ..

Une scêne d’amour qui a sa place et explique la fin du film fait que le film doit être vu avec de grands ado seulement.

 

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Le verbe dans le sang

Erik Audouard vient de traduire une anthlogie de textes de grande valeur d’un jésuite argentin, mort il y a 30 ans., Leonardo Castellani. (Pierre Guillaume de Roux) . Entendre son traducteur est aussi un bonheur. Une lumineuse préparation à Pâques  pour notre temps .

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Sur les écrans : Jesus , l’enquête.

Histoire vraie d’un jeune journaliste aux cheveux longs, mais aux idées courtes ,dans les années 70  à Chicago , renommé  pour ses enquêtes judiciaires. Il se marie mais son épouse retrouve la foi de son enfance et monsieur devient jaloux !! Il entreprend de démontrer l’inexistence du Christ comme tant d’autres créatures bien immodestes ,le dernier en date , monsieur Onfray . Il interroge un grand savant archéologue, un médecin….La providence lui envoie des signes….

Intelligent, très bien fait, on doit y emmener ses grands enfants.

                                   

A lire sur le même sujet le livre de Bruno Bioul, Les évangiles à l’épreuve de l’histoire chez Artège . L’auteur dresse le bilan des dernières découvertes scientifiques   concernant le monde des Evangiles. D’une grande clarté et intelligence.

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Notre Sainte Jeanne d’Arc issue des colonies

Par Jerome Anrès, ancien colonel de l’armée de l’air, et ancien diplomate , auteur de plusieurs livres , Vécu  entre ciel et terre, Un écureuil nommé Noisette, Une Maman pour l’éternité et à paraître , L’ambassadeur de sa différence.

                                               

“Je suis moi-même mulâtre, fils d’un Provençal d’un chauvinisme hors du commun, administrateur colonial, maintenant décédé, et d’une princesse béninoise, férocement fière de ses origines. En somme un colon a épousé une colonisée. J’ai passé toute ma jeunesse dans le sud de la France et parlais alors cette langue chantante qu’est le Provençal. On m’appelait « le niston des îles » ! Aurais-je pu, dès lors, incarner Pagnol avec mon métissage et mes cheveux frisés ?

Voilà qui serait bien acrobatique et, sans aucun doute, politiquement incorrect, voire « sociétalement » incompréhensible, n’est-ce pas ? Mais rassurez-vous, mon cœur était celui d’un petit garçon bien français qui aimait sa Provence et restait fier de ses origines africaines auxquelles sont d’ailleurs mêlés du sang brésilien et déjà du sang français !

Ne serait-il pas, alors, opportun de se demander si la polyvalence des caractéristiques de celui qui doit incarner un symbole est le critère le plus approprié à la spécificité du symbole dont il s’agit ? En effet, cette polyvalence peut parfois porter atteinte à l’authenticité du symbole.

Notre charmante Jeanne d’Arc d’Orléans, choisie pour incarner cette Sainte Patronne de la France aux fêtes johanniques, a répondu à quatre critères bien précis pour être élue. L’exigence de ces conditions témoigne de la volonté de souligner l’authenticité de cette incarnation :

– Notre Jeanne d’Arc du XXIème siècle réside à Orléans. Voilà qui est territorialement correct.

– Elle est scolarisée dans un lycée d’Orléans. Voilà qui est historiquement audacieux. Notre Jeune-fille aurait dû, par souci de fidélité à l’incarnation que l’on souhaitait la plus authentique possible, être choisie parmi les analphabètes de la région.

– Elle est catholique. Voilà qui est exhaustivement conforme.

– Elle donne gratuitement du temps pour les autres. Voilà qui est moralement convenable. En effet, on ne pouvait trouver une guerrière de la foi, mais on a pu désigner une combattante de la charité.

– Elle est Française d’origine polonaise ; heureusement qu’elle n’est pas d’origine anglaise ! Quoi qu’il en soit, dans un cas comme dans l’autre, personne n’aurait remarqué cette particularité de notre pétillante jeune-fille qui, juchée sur son cheval, symbolise bien jusque-là, à un hiatus près, notre sainte héroïne nationale.

– Elle est d’origine béninoise. Ah, voilà une cousine mais voilà aussi une particularité qui, elle, se remarque et, de ce fait, soulève une certaine indignation quant à la fidélité au symbole.

Cette gentille jeune-fille n’y est, bien sûr, pour rien. En revanche,  ceux qui ont procédé à sa désignation, ont-ils été logiques dans le choix des critères ou, plus exactement, dans le nombre et la qualité des critères à choisir ? Ont-ils été homogènes dans l’action qu’ils ont menée en fonction du symbole qu’est Sainte Jeanne d’Arc et de l’incarnation qui doit en être faite ? La volonté des décideurs de synthétiser dans cet évènement une population française hétéroclite est légitime, voire même louable, mais alors il ne s’agit plus d’incarner un symbole mais de symboliser une idée sociétale, à mille lieux du symbole à incarner. Dans ce cas, ce choix peut être considéré comme partisan car les Asiatiques et les Indiens, physiquement bien typés, qui composent aussi notre population française, ne se reconnaissent pas en notre Jeanne d’Arc basanée.

D’aucuns pourraient alors déceler dans ce choix une certaine forme de provocation vis-à-vis de gens d’un certain bord dont je ne fais point partie, rassurez-vous. Si cette provocation vise à assouvir le complexe, devenu sociétal, concernant l’idée de bien montrer que nous intégrons tout le monde, elle souligne aussi la viscosité mentale de ces complexés dans leur façon de procéder. En effet, à propos d’intégration, il semble que ces derniers n’ont point intégré que la meilleure façon d’agir pour ce faire n’est pas forcément de mettre en exergue la différence de peau, en l’occurrence, qui ne conduit qu’à montrer davantage du doigt les intéressés.

Cet évènement suggère à quel point l’homme est capable de dénaturer les choses en usant d’amalgames au nom d’une bienséance aux critères fallacieux. En parodiant avec beaucoup de liberté les paroles de Jésus disant aux Pharisiens « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », l’on pourrait alors conseiller à ce genre de personnes de rendre à l’histoire de France ce qui l’identifie et à la disparité de la population française ce qui l’anoblit…

Si donc certains Bretons vivant à Johannesburg, car chacun sait que ces concitoyens sont éparpillés dans le monde entier, apprenaient qu’une commission française devait venir se joindre à une commission sud-africaine pour y nommer un digne représentant incarnant Nelson Mandela, qu’ils s’attendent à être l’objet d’une décision inattendue ! En effet, il ne peut être exclu que l’un d’eux soit choisi par la partie française pour incarner cette personnalité, à la grande surprise de la partie sud-africaine dont on ne s’étonnera pas de la stupéfaction !

Malgré ce que nous pourrions gentiment qualifier d’impair involontaire, ce qui procède du manque de jugeote, ou de maladresse volontaire, ce qui relève d’un esprit nocif, nous souhaitons bonne chevauchée à notre fringante Jeanne d’Arc et lui formulons le vœu, pour son plus grand bien, de s’identifier personnellement à cette grande Sainte afin qu’elle en adopte les vertus et la prenne pour modèle !

Quant à nous tous, n’oublions pas que l’identité nationale est le ciment de cette famille que constitue chaque pays dans son histoire, dans son présent et pour son avenir. Cette identité, riche de symboles qui ont parsemé la vie de notre belle France depuis la nuit des temps, ne peut être un frein à considérer ceux qui la sollicitent loyalement pour une réelle et durable intégration. En revanche, il nous appartient de ne pas perdre de vue que cet accueil doit s’adapter aux capacités et exigences de notre pays dans tous les domaines, afin qu’il ne perde pas son intégrité. C’est ainsi qu’il convient de résoudre en priorité les problèmes concernant nos propres ressortissants sans, pour autant, se démunir de l’esprit de charité. Si nous voulons que ces Français le deviennent sans restriction ou le restent en respectant notre culture et notre patrimoine, donnons-leur l’exemple du respect de notre identité et de nos symboles.

Soyons alors, ensemble, des bâtisseurs d’une France d’aujourd’hui pour tous ceux qui la respectent, l’aiment et l’honorent, avec ses inébranlables valeurs, sa culture et son patrimoine, qui grandiront encore la France de demain…

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Sur les écrans Pentagon Papers

Pentagon Papers, un drame américain de Steven Spielberg avec Meryl Streep et Tom Hanks.  critiqué par Guilhem de Tarle sur son blog  jecinemate.com

Un film excellent, passionnant de bout en bout, qui cependant me met doublement mal à l’aise.
D’abord j’étais pour la guerre du Vietnam, pour les Américains contre les communistes, pour le Président Nixon contre ses adversaires, et je n’ai aucun souvenir du rapport McNamara.  La question d’ailleurs est récurrente des “ptits gars” que l’on envoie se faire tuer dans une guerre, une bataille, pour un objectif, que  l’on sait perdus d’avance.

Ne peut-on pas se demander aujourd’hui, en constatant le Grand Remplacement, si tous les « soldats inconnus » des dernières guerres ne sont pas des “morts pour rien” ?

Mon deuxième malaise porte sur la presse, même si j’admets que la question peut se poser différemment en France et aux États-Unis.
Peut-on en France faire l’éloge de grands médias (télé, radio, presse écrite) qui, à quelques nuances près, tiennent tous le même discours et se citent les uns les autres sans jamais évoquer les analyses divergentes que l’on peut lire dans de nombreux “samizdats” ?
Peut-on parler de liberté de la presse quand un journaliste météo se fait remercier de la télé après avoir publié un livre discutant le réchauffement climatique? Quand un Zemmour disparaît progressivement des radars?
Quand le président de la république annonce une loi contre les “fake news” (il n’ose même pas le dire en français de peur que les gens ne comprennent qu’il veut inscrire la “censure” dans notre législation) ?

Ce film veut nous présenter la presse comme un contre-pouvoir… sans doute quand les Républicains américains sont au pouvoir… aujourd’hui contre Trump..
Était- elle contre Obama?
En France elle a détruit Fillon et Le Pen (père)… Mais Macron peut lui dire merci.

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ET si on réinformait sur l’école

La libre chronique de Camille Galic

A l’heure où plastronnent tant d’anciens ministres de l’Educ’ Nat’, tous contributeurs éminents à la faillite de notre système éducatif (selon le rapport international PIRLS réalisé en 2016 auprès d’un large échantillon d’écoliers de 10 ans dans 50 pays développés, la France décroche une humiliante 34ème place en ce qui concerne la maîtrise de la langue nationale !), Virginie Subias Konofal qualifie son Histoire incorrecte de l’école de l’Ancien Régime à nos jours de « livre modeste » (1). Pour le coup, c’est trop de modestie ! Car, en balayant dans ce livre épatant maintes et inusables contre-vérités, l’auteur fait œuvre de réinformation, dans le meilleur sens du terme.  

En effet, écrit cette agrégée de lettres classiques et docteur ès lettres, c’est « une réelle erreur historique » que d’attribuer « à Jules Ferry seul la responsabilité glorieuse d’avoir imposé en France une école publique, gratuite, obligatoire et laïque. De ces quatre termes, seul le dernier lui revient en propre, ses prédécesseurs, et principalement les ministres ayant œuvré sous des régimes monarchiques, ayant « déjà mis en place la gratuité, l’obligation et une structure dans laquelle école publique et école privée se complétaient ».

 

L’enseignement gratuit pour « riches ou pauvres »… depuis un millénaire et demi !

Au demeurant, ce n’est pas ce sacré Charlemagne qui a inventé l’école. Dès 529, le concile de Vaison demande aux prêtres d’ouvrir « gratuitement des école dans leur propre demeure », afin d’apprendre aux enfants « la lecture, l’écriture, le calcul, mais aussi la grammaire et la logique, quelques principes de versification, le chant liturgique et un peu d’astronomie » — bien plus que n’en savent nos lycéens actuels. Mais il est vrai qu’en 789, un millénaire tout juste avant la Grande Révolution (qui jeta un grand désordre dans l’éducation), un capitulaire de l’empereur, qui avait fait d’Alcuin de York l’inspecteur général de toutes les écoles de l’empire franc, précise que cet enseignement doit être dispensé à tous, « serfs ou libres, riches ou pauvres », à l’image de ce qui se faisait à l’Ecole palatine, que l’on pourrait qualifier de « premier laboratoire de pédagogie appliquée ». Puis vient l’initiation aux sept arts dits mécaniques (fabrication de la laine, armement, navigation, agriculture, chasse, médecine et même théâtre). En 1179, le concile de Latran rappelle aux parents qui voudraient mettre trop tôt leurs enfants au labeur que, « chaque église cathédrale » doit abriter une école « ouverte à tous ceux qui voudront s’instruire gratuitement ». Y compris les enfants abandonnés auxquels on aura « soin de donner les maîtres les plus doctes, qui soient doux et qui les aiment », car « il vaut mieux reprendre les enfants que les battre ».

Cette magnifique entreprise souffrit certes de la guerre de Cent Ans mais, écrit notre auteur, dès les troubles terminés « l’Eglise investit massivement et énergiquement le champ éducatif », en insistant toujours sur la nécessité des « écoles gratuites pour y instruire les enfants pauvres » (concile de Trente, 1545-1563). Et le concile de Cambrai d’étudier en 1565 « la mise en place d’une véritable organisation de l’Ecole primaire ». Ce qui fut fait au siècle suivant avec une attention particulière accordée à la formation des maîtres.

 

Moins d’analphabètes dans la France de 1789 qu’aux Etats-Unis aujourd’hui !

 

Sans doute verra-t-on dans ces efforts de l’Eglise pour alphabétiser les jeunes fidèles et leur donner des rudiments indispensables la volonté de se doter de « cadres performants », comme on dirait aujourd’hui, et de régner sur des esprits encore malléables. Mais il ne faut pas oublier que l’objectif, en mettant en avant les arts libéraux, était depuis le VIIIème siècle de « permettre à l’homme d’exercer pleinement sa liberté ». Un objectif que le christianisme fut et reste la seule religion à se fixer — fût-ce parfois à son détriment

Mission accomplie. Si les Mazarinades et tous les pamphlets qui suivirent jusqu’à la Révolution trouvèrent tant de lecteurs, si le XVIIIème siècle fut le siècle d’or de l’édition, avec le succès prodigieux de L’Encyclopédie lue jusqu’au fin fond des campagnes comme dans les ateliers, n’est-ce pas parce que le système pédagogique mis en place par l’Eglise et rendu de facto obligatoire par les monarques successifs avait été une réussite ? Au point que le grand écrivain britannique Martin Amis signale dans la préface de son dernier livre (La friction du temps, éd. Calmann-Lévy 2017) qu’« en France, en 1789, le taux d’alphabétisation était bien plus élevé qu’aux Etats-Unis deux siècles plus tard ». Ce qui n’empêcha pas le Ralliement des instituteurs et institutrices de tromper délibérément l’opinion en déplorant en 1891 « l’oppression presque continuelle de la populace par une aristocratie toute puissante et l’état d’ignorance et de misère des vilains sous la monarchie ». Ne devrait-on pas aujourd’hui déplorer mêmement l’oppression presque continuelle du peuple souverain par l’oligarchie politico-médiatique et l’état d’ignorance et de misère où la dictature de la Pensée unique maintient les roseaux pensants, réduits au rôle de zombies mentaux ?

148 milliards d’euros, pour quoi faire ?

 

La légende de la gratuité de l’enseignement depuis les Frères fondateurs Jules Ferry et Ferdinand Buisson est inlassablement ressassée par les laïcards, prêts à tous les mensonges (ainsi qu’aux unions les plus impures, hier avec le communisme, aujourd’hui avec l’islam) pour « abattre l’Infâme » malgré les suicidaires aggiornamenti de celui-ci. Ancien professeur de classes préparatoires et actuellement membre de la Fondation pour l’école, Mme Subias Konofal démontre que « le payeur, dans la quasi-totalité des cas, est la société civile, c’est-à-dire le peuple, soit de manière directe lorsque les parents sont les contributeurs directs, soit de manière indirecte par le biais des dons faits aux œuvres pieuses [auxquelles nul n’est tenu de cotiser] ou par le biais des impôts [que chacun est obligé de payer] ». Ces derniers en augmentation constante car le budget de l’Education nationale est astronomique : 147,8 milliards d’euros en 2015, à peine moins que les recettes totales de la TVA et près de 50% de ce que « les contribuables ont donné à l’Etat en impôts directs ou indirects. C’est colossal ». Et pour quels résultats ? Une incompréhension croissante des mathématiques, une  ignorance abyssale de l’histoire et de la langue avec 11 % d’illettrisme. Un taux lui aussi colossal, que ne suffit pas à expliquer le nombre exponentiel d’allogènes scolarisés.

Comment en est-on arrivé là ? Cette Histoire incorrecte de l’école aide à le comprendre. L’éditeur en a-t-il envoyé un exemplaire au ministre Blanquer, ce « maçon sans tablier » biographe énamouré du défunt grand maître du Grand Orient de France Michel Baroin et récent auteur d’un livre sur L’École de demain ? Mieux connaître l’école d’avant-hier lui serait fort utile pour tenter d’améliorer le système actuel — ce qui est sans aucun doute le vœu de nombreux parents à l’aube de l’année nouvelle, cinquantenaire de ce « printemps de mai » 1968, qui accéléra la grande démolition de l’école dont le dernier acte est la mise à l’index du passé simple, trop « discriminant » selon les pédagogistes.   

 

camille-galic@present.fr

(1) Virginie Subias Konofal : Histoire incorrecte de l’école de l’Ancien Régime à nos jours, 170 pages avec bibliographie. Editions du Rocher, octobre 2017.

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De la part du Père Forestier

Samedi 3 février : De la féérie,commemoration de Saint Blaise

Saint Blaise fut évêque de Sébaste, en Arménie. Il mourut martyr le 3 février 316, et comme il délivra, peu de temps avant de mourir, un enfant d’une mauvaise arête qui encombrait sa gorge, il est devenu un saint guérisseur, invoqué contre tous les maux de gorges.

Je me souviens d’avoir reçu et donné la bénédiction de saint Blaise : elle consistait à ce qu’on vous impose sur la gorge deux cierges croisés avec la prière prescrite par le rituel. Ainsi, on était protégé pour l’année contre tous les maux de gorges. Et les fidèles étaient friands de ces manifestations de piété.

L’Eglise n’a jamais craint de multiplier ces bénédictions pour les champs, les objets, et contre les maladies. Elle croit en sa puissance de bénir et au pouvoir que son divin Fondateur lui a confié. Peut-être que certaines cérémonies ont pu être l’occasion d’un peu de superstition, mais elles étaient surtout, pour les fidèles les plus simples, la preuve sensible de la présence du Seigneur dans leurs vies. J’en veux pour preuve la foi tranquille  de ces paysans valaisans m’assurant que les raisins étaient plus gros à l’endroit où passait la procession des rogations !! Les avoir méprisées, à certaines époques, a tari les grâces de Dieu, et automatiquement conduit beaucoup de personnes à s’éloigner de l’Église.

Pratique : Veiller à avoir chez soi des objets nous portant à la piété.

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