« Nous périssons faute d’émerveillement mais non faute de merveilles. » Chesterton
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Aymeric Chauprade enfin heureux à Yalta en Crimée
» Ces dernières semaines, les États-Unis et les gouvernements européens alignés ont commis le pas de trop au service de leur fantasme unipolaire.
En renversant, dans l’illégalité et la brutalité, un gouvernement élu démocratiquement à Kiev, avec pour buts stratégiques réels non seulement l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN (et l’éviction donc de l’accès russe aux mers chaudes grâce à la Crimée) mais aussi, à terme, le remplacement de la fourniture russe de gaz aux Européens par du gaz de schiste ukrainien, polonais et américain (il suffira de faire le lobbying nécessaire au Parlement européen pour que le projet de fracturation hydraulique soit entériné), l’Empire est allé trop loin. Car il ne s’agit pas seulement d’un crime maquillé (voir la conversation Ashton/Ministre des affaires étrangères estonien) qui aura vu des snipers pro-Maïdan assassiner leurs propres partisans pour faire porter le chapeau à Ianoukovitch et fournir ainsi une “couverture” humaniste à la position de l’Union européenne ; il s’agit d’une immense faute géopolitique que la Russie ne pouvait pas laisser passer. L’hybris américaine (cette démesure impériale qui frappa les Romains avant eux) dont Victoria Nuland nous fournissait récemment encore un exemple (“Fuck the European Union !“) vient de se heurter violemment à la géopolitique russe.
Après tout, dès l’effondrement de l’URSS, Moscou aurait pu consulter ses populations russes restées prisonnières des frontières soviétiques. Le Kremlin s’est abstenu. Il a assisté assez passivement à l’extension de l’OTAN jusqu’à ses frontières (pays baltes), aux premières tentatives de révolutions colorées des années 2000 (Ukraine, Géorgie), à la tentative de digestion de la Géorgie en 2008, à la volonté de détruire les régimes syrien et iranien jugés trop proches de Moscou et à tant d’autres ingérences, projections et provocations américaines toujours couvertes du prétexte enfantin des Droits de l’homme et de la démocratie. Aujourd’hui la coupe est pleine ! Poutine est peut-être même le plus modéré des Russes sur l’affaire de Crimée. Il tente de calmer l’indignation de son peuple face à tant de mauvaise foi occidentale.
Le coup d’État de Maïdan, qui a porté au pouvoir plusieurs ministres appartenant à une mouvance ouvertement néo-nazie avec le soutien de Washington et de Bruxelles, au moment même où les gouvernements de l’Union européenne tentent de faire croire à leur population que des partis souverainistes et identitaires seraient un danger pour la démocratie, est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Ce référendum en Crimée que j’ai voulu observer parce qu’il est un tournant de l’histoire mondiale, porte incontestablement le signe d’un nouveau monde : un monde multipolaire avec une vraie indépendance européenne, et non cette Union euro-atlantique qui détruit, année après année, nos identités et nos économies.
La boucle est bouclée. Le vieux monde né de Yalta en février 1945, de l’entente de deux mondialismes, atlantiste et communiste, prend fin… à Yalta en mars 2014 soit presque 70 après !
Après la réunification allemande, la réunification russe ouvre le chemin à l’axe Paris-Berlin-Moscou. Bien sûr, il faudra du temps. Mais la fenêtre vers le ciel bleu de la liberté vient de s’ouvrir.
J’irai ce soir, dimanche 16 mars 2014, boire un thé à Yalta, au coucher du soleil, avec l’espoir retrouvé que nos enfants verront la grande Europe des nations libres.
C’est ce nouveau Yalta mondial que les Européens de l’Ouest et du Centre doivent embrasser : il peut nous permettre de faire définitivement la paix avec la Russie et d’édifier avec elle une grande unité européenne, fondée d’abord sur la souveraineté et la liberté de chacune des nations de notre belle civilisation.
Soit nos dirigeants sont visionnaires et comprennent cela, et alors la livraison par la France, dans quelques semaines, du BPC au nom prémonitoire de Sébastopol (!) prendra justement tout son sens ; soit ils ne comprennent rien, ni à Paris, ni à Berlin, et alors la Russie se tournera vers la Chine pour édifier un ensemble eurasiatique. Ce serait alors une nouvelle bipolarité, donc le péril d’une nouvelle déflagration mondiale.
J’aurais vécu 45 ans dans ce monde de Yalta/1 né en 1945. J’entre avec espoir et optimisme, aux côtés de tous ceux qui veulent refonder la France et l’Europe, et malgré les risques de tension que je ne minore pas, dans le monde de Yalta/II. «
Aymeric Chauprade Simferopol, 16 mars 2014
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Jean Zay , un choix curieux !
Le « poème » qui suit a été écrit en 1924 par Jean Zay que François Hollande a fait entrer au Panthéon, ancienne église volée par la république, rappelons le…. Que va t il pouvoir dire à Geneviève de Gaulle et à Pierre Brossolette durant l’éternité ?
Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là. Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tous les pays. Quinze cent mille morts, mon Dieu ! Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore… Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse, Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur… Qu’est-ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ? Quinze cent mille morts, mon Dieu ! Quinze cent mille morts pour cette saloperie. Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille, Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS, Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS. Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières Sans planches et sans prières… Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient ? Ils ne sont plus que des pourritures… Pour cette immonde petite guenille ! Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement, Oui, je te hais dans l’âme, Je te hais pour toutes les misères que tu représentes Je te hais au nom des squelettes… Ils étaient Quinze cent mille Je te hais pour tous ceux qui te saluent, Je te hais a cause des peigne-culs, des couillons, des putains, Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre, Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial, Le défi aux hommes que nous ne savons pas être. Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel, Le blanc livide de tes remords.Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts. Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires, Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.
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Sur les écrans. A voir : Ida

Dans la Pologne soviétique des années 60, une orpheline élevée au couvent est sur le point de prononcer ses voeux définitifs quand la mère abbesse l’envoie chez sa tante découvrir ses origines juives. La tante est devenue grâce à son engagement pro soviétique un procureur de la république très efficace qui a envoyé bien des patriotes polonais à la potence. Et une femme aisée mais qui boit et se donne à tous les hommes pour oublier la tristesse de sa vie.
Toutes deux partent à la recherche des restes des parents d’Ida tués par un paysan polonais qui avait pourtant commencé à les protéger.
Le tragique passé polonais est parfaitement illustré par ces deux destins, par ces images très belles en noir et blanc, par un dialogue fort . Aucune caricature et des personnages très humains, un immense désespoir chez l’une, la confiance totale d’Ida en Dieu voilà de belles raisons d’aller voir ce film.
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Sur les écrans . A éviter : Gloria
Une sexagénaire divorcée essaie de revivre un grand amour à

Santiago du Chili, aujourd’hui. L’homme rencontré dans un dancing ferait bien l’affaire, en tous cas, au lit , s’il n’était pas attachée à son ex femme et à ses filles par le téléphone portable. Au lieu de l’aider à retrouver une indépendance complète, elle le plante après l’avoir flingué symboliquement au paint ball.
Sinistre ,ce film peint le vide contemporain. Les deux enfants de Gloria ratent à leur tour leur vie. Derrière l’aérobic et le dancing, il n’y a rien . Rien à faire tout le week end si ce n’est nettoyer sa voiture, c’est long ! Et le spectateur s’ennuie. Aucune énergie dans ce film, aucun partage, aucune humanité, aucune esthétique, juste des images plates et des scênes de zizi pan pan, assez pathétiques. Film bien sûr primé à Berlin.
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Bollène retrouve sa collégiale . Alléluia !
A l’heure où de nombreuses églises tombent d’elles-mêmes ou sont détruites faute de travaux ou de volonté politique, la restauration de la Collégiale Saint-Martin est exemplaire.
Elle prouve, notamment, qu’il est possible, même dans une commune dont les finances sont en difficulté, de rendre vie à ce patrimoine, symbole de notre commune, de son identité et de ses racines. Elle prouve également qu’il est possible d’associer la population à un tel projet.
Après plus de quatre années de travaux, les plus importants engagés depuis le XVIe siècle, la collégiale Saint-Martin de Bollène ouvrira ses portes le dimanche 23 février prochain, à l’occasion d’une inauguration officielle.
L’ensemble de l’édifice a profité d’une magnifique restauration : les sols, les six chapelles latérales, la nef, le chœur, la sacristie, la toiture, la charpente, les portes d’entrées, etc. Une callade entoure désormais l’édifice. De même, un parvis d’une quinzaine de marches a été installé, dix-sept vitraux ont été créés pour l’occasion. Enfin, trois tableaux et deux retables (dont le maître-autel) ont été entièrement restaurés.
En bref, un chantier extraordinaire qui a duré plus de quatre ans, nécessitant l’intervention de presque 20 entreprises (maçons, sculpteurs, restaurateurs de fresques, restaurateurs de bois dorés, artisan créateur de vitraux, couvreurs, etc.). Les travaux ont été effectués sous la direction de Didier Repellin, architecte en chef des Monuments historiques.
Ce chantier a été ponctué par la mise à jour de nombreux trésors patrimoniaux jusqu’ici cachés. Par exemple, plusieurs fresques, masquées sous trois ou quatre centimètres d’enduits, sont désormais visibles. L’une d’elle date probablement de la construction de la première église, avant qu’elle ne soit détruite pendant les guerres de religion ! Une autre, située au dessus du portail sud-ouest, mesure environ huit mètres sur quatre, et représente les armes du pape Urbain VIII.
Dans les jardins, un puits d’une quinzaine de mètres de profondeur a été découvert. On peut supposer qu’il s’agit du puits dans lequel les moines de Saint-Martin furent jetés après la prise de Bollène par les armées protestantes du Baron des Adrets, au XVIe siècle.
Au total, la municipalité de Bollène a consacré 1,4 million d’euros à ce chantier. Elle a obtenu de nombreuses subventions des services de l’Etat (près de 600 000 euros) : DRAC, STAP.
Dimanche 23 février 2014, ces travaux seront donc présentés aux Bollénois, qui découvriront une collégiale toute transformée et rendue à sa vocation de lieu de culte catholique.
Au programme :
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11h : messe
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15h : présentation de la restauration
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17h : concert de musique sacrée (Haendel, Bach et Mozart, par le Choeur européen de Vaison)
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18h : verre de l’amitié
Publié dans Agenda
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sur les écrans VIVA LA LIBERTA
Une très réjouissante fable politique italienne. Un chef de partie d’opposition se lasse du job et file à l’anglaise en France. Son assistant met à sa place son frêre jumeau, parfait dans le rôle, mais qui sort de l’asile psychiatrique. Il galvanise ses troupes, le peuple et gagne les élections. Hilarant !
Publié dans Sur les écrans
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Pour contredire un peu les bêtises contemporaines, je vous présente ce petit livre
Petit traité pour les femmes actuelles
Notre livre est né d’un constat : au siècle dernier, on a expulsé Dieu de la sphère publique pour l’enfermer dans la sphère privée, et l’on sort la femme du foyer… pour la jeter dans la sphère publique. Étrange coïncidence !
Un foyer déserté par celle qui en est l’âme blesse la société tout entière. Certains voulant asservir notre société, il fallait commencer par en saper les fondations. Il fallait anéantir la fonction de transmission de la femme, sa fertilité, le don, la gratuité et l’amour. L’objectif est-il atteint ? Ce manuel analyse ce processus et propose une alternative pour une vraie refondation des rapports entre hommes et femmes aujourd’hui.
Écrivain et journaliste, Anne Brassié anime une émission littéraire, chaque jeudi, depuis vingt-sept ans, sur Radio Courtoisie. Elle a notamment publié La Varende, pour Dieu et le Roi chez Perrin en 1993 et Sainte Anne, de Jérusalem à Auray en 2002 aux éditions du Rocher.
Stéphanie Bignon, née en Bourgogne, a choisi la mer comme l’un des derniers terrains d’aventure. Elle fut pilote d’engins sous-marins habités et inhabités, et pendant quinze ans elle a navigué sur toutes les mers du globe. Elle dirige depuis dix ans une équipe d’ingénieurs sur chantiers sous-marins au sein d’un grand groupe multinational.
Avec une préface d’Yves Meaudre.
Sur le site de Via Romana
Publié dans Les émissions d'Anne Brassié
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Vous vouliez une télévision libre ? Elle existe sur internet : Tvlibertes.com
TV libertés.com Un journal télévisé à 19 h et une émission thématique d’une heure. Vous cherchez un film, un livre , un artiste ? Regardez Perles de culture.
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Les faux prophètes par Yvan Blot
Pourquoi les faux prophètes sont ils plus écoutés que les vrais ?
Nous voulons de la philosophie, n’en fut il plus au monde . Cet air d’ Offenbach où l’on a remplacé amour par sagesse illustre parfaitement la réussite de ce livre qui nous explique les raisons de notre décadence . Quatre faux prophètes ,Voltaire , Rousseau, Marx et Freud ont entraîné les peuples comme le joueur de flûte au bord du précipice, pour les uns ,au fond du gouffre pour d’autres.. Yvan Blot les présente à nouveau et cite leurs principales erreurs et vilenies . Nous avions besoin de ces piqûres de rappel. Les extraits lus dans le Lagarde et Michard de nos quinze ans sont lointains . Mais l’exercice est essentiel pour les nouvelles générations qui n’ont rien lu du tout.
La méthode est celle du questionnement, « piété de la pensée » selon l’auteur que nous remercions pour cette image magnifique et si riche de sens..
Nous ré entendons Voltaire et ses attaques contre le catholicisme, « mère du fanatisme et de la discorde civile; ennemie du genre humain. » ou « Le fanatisme religieux est mille fois plus funeste car l’athéisme n’inspire pas de passion sanguinaire » Voltaire n’a pu connaître deux exemples contraires, Staline et Pol Pot.
Rousseau veut ne voir que des citoyens égaux. « L’homme est né libre et partout, il est dans les fers. »
Ses conseils, nos hommes politiques semblent les appliquer à la lettre : « celui qui ose entreprendre d ‘instituer un peuple doit se sentir en état de changer, pour ainsi dire, la nature humaine…d’altérer la constitution de l’homme pour la renforcer…en sorte que si chaque citoyen n’est rien, ne peut rien que par les autres..on peut dire que la législation est au plus haut point de perfection qu’elle puisse atteindre. » L’inégalité étant la tendance lourde de l’humanité on utilisera la force de la loi: « c’est précisément que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir. » On y est, alléluia !
Pour rendre les hommes égaux et vertueux, très important, la vertu chez ces gens là, l’équivalent de nos valeurs républicaines, on va supprimer les arts et les sciences. « D’où naissent tous ces abus si ce n’est de l’inégalité funeste introduite entre les hommes par la distinction des talents et par l’avilissement des vertus ? Nous avons des physiciens, des géomètres, des chimistes, des astronomes, des poètes, des musiciens, des peintres! Nous n’avons plus de citoyens »
La révolution qui guillotine Chénier et Lavoisier n’a besoin ni de savants ni de poètes. Comme disait un slogan de l’époque Babeuf « les ptits on les mettra sur l’escabeau, les grands on leur coupera l’ciboulot, y faut qu’tout l’monde y soyent égaux » Lui même Babeuf proclamait « Périssent, s’il le faut, tous les arts pourvu qu’il nous reste l ‘égalité réelle. » Ainsi aujourd’hui , nous sommes tous des artistes contemporains et chacun de nous peut réaliser une toile monochrome !Le progrès est là dans toute sa splendeur. Nous ne leur serons jamais assez reconnaissants.
« L’homme qui médite est un animal dépravé » Il faut contredire cette fâcheuse habitude et marcher en ordre.
Pour raisonner correctement « commençons par écarter les faits car ils ne touchent point à la question. » Cette absence du respect souci du réel est l’une des marques du fou….
Ce jeu des citations, serait hilarant tellement elles rencontrent d’écho aujourd’hui s’il n’était pas si consternant.
Blot donne le dernier mot à Vladimir Volkoff pour contredire Rousseau avec humour : « La monarchie ne visait au pire qu’à interdire certaines façons de penser, attitude déplorablement autoritaire, on en convient. La révolution, elle, s’efforça d’imposer certaines façons de penser: les siennes, ce qui est une attitude totalitaire. Elle était seule à détenir la vérité. Elle avait donc tous les droits ; Il faut ici lui rendre hommage pour avoir pratiqué une cohérence absolue… »
Voltaire a promis la liberté, Rousseau, le pouvoir et l ‘égalité, Marx , l’argent, et Freud la libération du moi par la libération sexuelle. « « tout ce que l’humanité désire dans le monde ! dit Yvan Blot. Ils l’ont promis comme Méphisto l’a promis à Faust dans l’oeuvre célèbre de Goethe! Les résultats , certes ne furent pas jamais ce qu’ils avaient prévus. Ils ont promis le bonheur mais le malheur est sorti de leurs oeuvres. L’échec est venu notamment parce qu’ils ont tous voulu ramener l’homme à sa dimension animale. » Or la satisfaction des besoins animaux de l’homme ne semble pas donner une énergie fabuleuse à nos occidentaux. Yvan Blot montre bien les moteurs de ces raisonnements, l’orgueil et l’ envie, la basse jalousie, la haine ou la séduction.
Autre tendance révolutionnaire, qui s’oppose à la première: ne vénérer que la raison . Rationnellement, avec des plans quinquenaux ils vont tout régler. Ils ont seulement anéanti des populations entières. Les progrès scientifiques, pensent ils, vont les rendre l’égal de Dieu…..Faire de l’homme un animal ou en faire un dieu mène également au totalitarisme.
Je vous laisse redécouvrir les poisons de Marx et Freud. Ils sont tellement visibles dans notre société aujourd’hui.
Les procès ne sont pas caricaturaux , quelques propos de ces faux prophètes trouvent grâce aux yeux de l’auteur et il a raison. Quand Marx par exemple écrit « La grande bourgeoisie a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. » on est obligé de reconnaître la vérité de ce petit extrait du Manifeste du Parti communiste.
Ne voulant assombrir le lecteur Yvan Blot lui propose des réponses philosophiques, celle de Pascal à Voltaire; celle de Nietzche à Rousseau, celle de Kierkegaard à Marx et celle d’Heidegger à Freud. Certaines réponses sont chrétiennes comme celle de Pascal , auxquelles adhère Yvan Blot « Pascal, en plaçant l’homme face à Dieu, veut éviter que le moi ne se prenne pour mesure de toute chose: en cela il est platonicien et il écrit « Platon pour disposer au christianisme »Il faut donc détrôner l’idole de l’égo pour fonder la morale: « le moi est haïssable …En un mot le moi a deux qualités: il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout. Il est incommode aux autres en ce qu’il veut les asservir. »
… « La pente vers soi est le commencement de tout désordre en guerre, en police, en économie. » Nos contemporains en sont arrivés à l’état décrit par Pascal « regardant tout l’univers muet, et l’homme sans lumières, abandonné à lui même et comme égaré dans ce coin de l’univers, sans savoir qui l’y a mis, ce qu’il y est venu faire, ce qu’il deviendra en mourant, j’entre en effroi. »
Certaines réponses sont réjouissantes comme celle de Nietzsche : « Dans Ainsi parlait Zarathoustra, écrit Blot, Nietzsche se déchaîne contre « la canaille au pouvoir et la canaille qui écrit. » la canaille étant caractérisée par la malpropreté et morale et mentale. Mais le chapitre de ce livre qui vise le plus Rousseau, sans le nommer cette fois? est le chapitres des Tarentules. « Zarathoustra agite la toile de l’araîgnée pour la faire venir et lui dit: « bienvenue Tarentule! Sur ton dos est inscrit en noir ton triangle, ton emblême; et je ne sais ce qui habite ton coeur. La vengeance habite ton coeur: tout ce que tu mors se recouvre du croûte noirâtre ; le poison de ta vengeance fait tournoyer l’âme ! Je vous parle donc par paraboles, qui vous feront tournoyer l’âme , prédicateurs de légalité que vous êtes ! Vous n êtes que des tarentules et, en secret, vous êtes assoiffés de vengeance ! » « Les tarentules ont un autre objectif ajoute Nietzsche : « nous voulons exercer notre vengeance sur tous ceux qui ne sont pas semblables à nous; Volonté d’égalité, tel devra désormais être le nom de la vertu…Vous, prédicateurs de l’égalité,…vos plus secrètes convoitises de tyrannie s’emmitouflent donc de parole de vertu. » C’est une bonne description de Robespierre mais aussi de nos bons socialistes qui décernent les prix de vertu et les anathèmes.
Le livre nous offre aussi sur un plateau Heidegger pour qui l’homme dans le monde moderne est assimilé à un animal spécial (raisonnable) mais animal quand même, dont la vie se déroule dans la sphère de l ‘utilité. Notre société est donc utilitariste et régie par quatre idoles essentielles, l’égo, l’argent, la masse et la téchnique. Les quatre faux prophètes adorent, selon des proportions variées ces quatre idoles.
Blot nous donne aussi les armes de Kierkegard, Hayek
et quelques autres philosophes bien ancrés , eux dans le réel comme Jean Patocha mort dans les prisons communistes « Nous sommes les proies de prophètes antithétiques, dont les uns prêchent le défoulement des désirs, les autres la discipline et la soumission absolue, les deux sont deux aspects d’une seule et même chose. »
L’idéologie contemporaine et ses 4 M selon Blot, matérialisme, massification ,mafiosisation et mortalisation pèse sur notre temps. Nos contemporains doivent savoir qu’il n’y a d’espoir de salut sans respect des racines et de la terre, sans respect de la divinité et sans respect des autres . Ce qui signifie retrouver le sens de l’honneur.
« Pour reprendre le vocabulaire du poète Hölderlin l’homme a besoin d’une terre et d’un ciel (des racines et des ailes? )afin de pouvoir se situer dans un monde. Faute de monde c’est « l’immonde » qui risque de l’emporter. »
Anne Brassié
Les faux prophètes . Yvan Blot. ed Apopsix .
Publié dans Les émissions d'Anne Brassié
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Sur les écrans MINUSCULES
Film d’animation tourné en décor réel sur les aventures d’une jolie coccinelle qui, en vrai bête à Bon Dieu, aide une petite bande de fourmis noirs à rapporter dans la fourmilière, un trésor, une boite à sucre pleine de sucre. Descente en rafting des torrents, attaques des fourmis rouges ,siège et bombardement de la fourmilière, la vie des insectes n’est pas un long fleuve tranquille. A voir avec des enfants, délicieux, inventif et drôle.
Publié dans Agenda
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Le jeûne spirituel et « non violent »de Béatrice Bourges
Puisque le gouvernement accuse toutes les manifestations d’extrémisme et de violence Béatrice Bourges qui a, l’an dernier, organisé avec d’autres, LaManif pour tous, a décidé une action non violente. Nous la remercions infiniment et citons ses propres paroles
Béatrice Bourges répond au Figaro :
Une grève de la faim pour demander la destitution du président de la République, n’est-ce pas un peu excessif?
Je pense que la France le vaut bien. Moi je me bats vraiment pour mon pays, car je pense qu’on est en train de tuer l’âme de nos enfants. Cela fait un an que l’on proteste et qu’on ne nous écoute pas. Que puis-je faire de plus que donner ma personne ? Ce sera dur mais cela prouvera qui je suis et qui sont les gens qui m’entourent.
Je m’appuie sur quelque chose d’ultra non-violent et d’ultra-légitime. Deux mois et demi avant les élections, j’aimerais savoir si les députés, comme certains le disent souvent, souhaitent vraiment le départ de François Hollande. Je leur offre sur un plateau d’argent la possibilité de montrer leur loyauté: l’article 68 de la Constitution autorise les élus des deux assemblés à engager une procédure de destitution du président de la République pour «manquement grave» à l’exercice de ses fonctions. Si je n’avais pas fait ce geste, les députés n’auraient rien tenté. Là une vie non-violente est en jeu. […]
Avec mon jeûne, je voudrais prouver que la colère, ce n’est pas la violence. On nous a traités d’extrémistes, on a trouvé que j’étais radicale. Aujourd’hui je pars avec mes armes à moi, des armes spirituelles. Le jeûne spirituel, c’est une arme extrêmement puissante. »
Publié dans Agenda
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Un grand film japonais Le vent se lève
Le vent se lève il faut tenter de vivre
Citant ce vers du Cimetière marin de Paul Valéry, le grand cinéaste Miyazaki raconte la vie réelle d’un jeune japonais rêvant de dessiner des avions comme l’ingénieur italien, Caproni. Il y parviendra après avoir survécu à un tremblement de terre, à la mort de sa femme et à la guerre durant laquelle ses beaux avions porteront la mort. D’une grande élégance, d’une grande beauté, tendresse et clairvoyance. A voir en famille de même que Ponyo sur la falaise, une variation de la Petite sirène d’Andersen.
Les controverses sont dues à la course aux oscars et semblent bien stupides en face de l’oeuvre.
Publié dans Sur les écrans
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Deux grands films et une caricature
LA GRANDE BELLEZA
L‘auteur d’un seul et unique roman , dans sa jeunesse, traîne une vie de noceur désabusé dans la ville éternelle, Rome. Pourquoi n’a t il plus écrit ? Parce qu’il cherche la grande beauté …. Les noctambules qui l’entourent sont grotesques et touchants. La Ville est éblouissante comme toujours et la sagesse du film , c’est le vers de Keats : a thing of beauty is a joy for ever. Le cinéaste cherche cet objet de beauté. Hommage à Fellini, on y retrouve quelques uns de ses personnages, les ecclésiastiques , les nobles désargentés, les riches devenus fous, les prostituées, les ratés en tous genres. Un très joli et très intelligent moment pour les amoureux de Rome.
Quand l’espoir était au loin. L’action commence alors que, par dizaines de milliers, des Allemands pauvres, accablés par la faim, pensent que le Brésil, donc le Nouveau Monde, sera un monde nouveau.
Jakob Simon, paysan mais lettré, apprend plusieurs langues indiennes pour se préparer au voyage, mais le retour de l’armée
de son frère Gustav va infléchir ce projet. Il est celui qui ne partira pas. Des images magnifiques sur les joies et les peines d’un village et la tragédie de l’émigration .
PHILOMENA
L’histoire de ces enfants irlandais adoptés par de riches américains dans les années 50 est authentique. Au soir de sa vie, une mère, abusée à 14 ans, enceinte et recueillie par des religieuses a voulu retrouver ce fils et raconte sa recherche . Les caricatures s’accumulent de la Ière à la dernière image, anachroniques puisqu’on juge avec les yeux d’aujourd’hui, une morale et des comportements du siècle dernier…Les religieuses sont des teignes qui interdisent toutes retrouvailles. La vérité force à dire que le problême ne se poserait pas aujourd’hui, les adolescentes enceintes sont avortées de force. Celles qui résistent ne trouvent plus de lieux d’accueil et la notion de péché qui a disparu !! reste une sacrée faute , celle du séducteur qui tire son coup et échappe à toute responsabilité . La presse est unanime évidemment ! Ridiculiser la religion catholique pour un anglais sans doute protestant ,quelle gloire aujourd’hui…Des critiques bienveillantes ont souligné que la mère ne reprochait rien aux religieuses , restait profondément chrétienne et contredisait le journaliste agressif athé qui mène l’enquête. En effet oui mais le public, lui, ricane dans la salle.
Publié dans Sur les écrans
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