Un nouveau roman dessin de Chard, la première dessinatrice de presse française.

                                          Chard, piétonne du nouveau Paris 

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Certains éditent des romans-photos, l’Atelier Fol’Fer publie le nouveau roman-dessins de Chard. Le premier, « Profanation », écrit après Carpentras et devenu culte, faisait la part belle aux banlieues ethniques que la meilleure caricaturiste de France avait longuement explorées — à ses risques et périls ! — pour nous révéler toutes les richesses de la « diversité » et sa belle jeunesse.

 

Avec Un paroissien de Saint-Germain des Prés, Chard se borne cette fois, malgré quelques incursions à Barbès,  à son quartier natal pour nous montrer, dessins criants de vérité à l’appui, combien une modernité agressive, une vulgarité triomphante et la « mondialisation heureuse » ont changé en deux ou trois décennies ce qui passait pour un sanctuaire de la culture. Aujourd’hui privé de la plupart de ses libraires, de ses antiquaires et de ses petits commerçants de proximité, épiciers ou droguistes, chassés au profit de la fringue et de la bouffe de luxe.

 

Sur un argument finalement très moral : une donzelle ayant accepté de jouer les mères porteuses pour une couple d’homos mais préférant, toutes réflexions faites, garder l’enfant et donc contrainte de se réfugier chez son vieil oncle — le narrateur, qui élèvera le petit Ernest et l’initiera au beau et au bien — pour échapper aux pères putatifs furieux de sa défection, nous assistons à la décadence de Saint-Germain et à son envahissement par d’étranges peuplades.  Un environnement où ses vieux habitants finissent par se sentir étrangers, et orphelins.

 

Mais n’en va-t-il pas de même pour tous les quartiers de Paris, avec la bénédiction des maires Chirac, Tiberi puis Delanoë et des gouvernements successifs ? Au pied d’un immeuble pourtant classé des Grands Boulevards, tout proche de la Porte Saint-Denis dédiée à « Ludovicus Magnus », Louis XIV, pour célébrer la victoire de Maastricht en 1673, vient de s’ouvrir malgré l’hostilité des copropriétaires un kebab strictement halal et combien d’autres édifices subissent la même souillure, sans réactions des pouvoirs publics ?

 

Infatigable piétonne de Paris, Chard dont le grand Jean Raspail écrivait en 1985 qu’elle «  a le trait qui convient aux temps que nous autres Français vivons. Un trait noir, impitoyable, tragique parfois. Mais, souvent un trait de génie », nous offre avec ce petit « Paroissien » une promenade nostalgique dont le texte, volontairement froid et dépouillé, met en valeur les superbes dessins placés en pages recto.   

Camille GALIC

 Chard : Un Paroissien de Saint-Germain des Près, 110 pages, 14 €, éditions Fol’Fer, <atelier-folfer.com> ou BP 20047, F-Anet.

 

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La première dame du crime racontée par une grand journaliste française

 

agathaIl est des rencontres si heureuses qu’on les pourrait croire prédestinées. Ainsi de celle de Camille Galic avec Agatha Christie. La première a fait très jeune la connaissance de la romancière anglaise. C’était en 1954. Elle venait de remporter le premier prix de version latine et avait déjà pris contact, à travers Kipling et Jerome K. Jerome, avec la littérature anglo-saxonne, avant de dévorer L’Homme au complet marron et Rendez-vous avec la mort. Découverte déterminante. Quant à la « Première dame du crime », disparue en janvier 1976, il lui aura fallu presque quatre décennies de purgatoire pour trouver enfin, en sa fidèle lectrice, une biographe à sa hauteur.

Non que l’auteur du Meurtre de Roger Ackroyd, livre plébiscité l’an dernier comme « meilleur roman policier de tous les temps » par l’Association britannique des auteurs de romans policiers, ait vraiment connu ce qu’il est convenu d’appeler le purgatoire. Sa gloire posthume n’a jamais pâli. Elle reste l’un des auteurs les plus lus au monde. Ses œuvres sont périodiquement rééditées, adaptées pour la télévision, le cinéma. Au théâtre, sa pièce La Souricière a établi, en 2012, le record du monde de la pièce la plus jouée pour avoir tenu l’affiche soixante ans durant sans la moindre interruption. Enfoncés, Ionesco et sa Cantatrice chauve !

 Bref, une véritable institution. De Dame Agatha, telle qu’en respectable représentante de la gentry anglaise devenue écrivain à succès l’éternité la change, on croyait tout connaître. D’autant que son autobiographie, publiée à Londres l’année qui suivit sa mort, semblait rendre caduque toute velléité de recherche. En apparence, pas le moindre coin d’ombre, pas le plus petit mystère susceptible de nourrir une enquête, fût-elle seulement littéraire.

 Or voici que l’essai de Camille Galic bouscule les perspectives. Celle-ci projette sur la statue que l’on croyait à jamais figée une lumière qui la ramène à la vie. Sous sa plume, ressuscite une femme bien plus complexe et, pour tout dire, bien moins conformiste que l’on ne croyait. Une femme passionnée, portant sur le monde de son temps un regard lucide, quitte à professer des opinions très peu conformes sur des sujets aujourd’hui tabous. Le chapitre intitulé « Réac voire ultra ? », celui qui aborde la question des races ou le néo-nazisme, pour lequel elle éprouve une « fascination-répulsion », autant de questions brûlantes qui ne sont pas esquivées, mais replacées dans le contexte de l’époque.

 En d’autres termes, sa biographe échappe à la tentation commune qui consiste à considérer le passé à travers le prisme – ou les lunettes déformantes – du présent. Les idées reçues n’en sortent pas indemnes. Qu’il s’agisse de mœurs ou de politique, de morale ou de religion, de racisme, d’antisémitisme, tous sujets si étroitement balisés qu’on ne saurait les aborder en s’écartant, même d’un iota, des dogmes imposés par la doxa actuelle, on s’aperçoit que celle qu’on appelait « l’Impératrice du crime » avait des convictions pour le moins sulfureuses qui lui eussent valu les foudres des censeurs. Un seul exemple, assez grotesque pour être emblématique de la pruderie de mise : ses Dix petits nègres, rebaptisés aujourd’hui aux Etats-Unis And Then There Were None, autrement dit S’il n’en restait qu’un…

 Cette faculté d’empathie, voire d’étroite connivence, assez rare pour être soulignée, suppose, de l’auteur et de son œuvre, une connaissance exhaustive. Camille Galic a tout lu de ce qui touche de près ou de loin à son sujet. L’œuvre, bien entendu, qu’elle analyse avec finesse, démêlant les influences et les sources d’inspiration, retraçant la genèse des romans, établissant des passerelles avec les circonstances de leur composition. Sans oublier les prédécesseurs et les « héritières abusives ». A ce titre, son essai, qui brosse un vaste panorama, apparaît d’ores et déjà  comme un ouvrage de référence.

 Quant à la vie privée, aux amours heureuses ou malheureuses, au divorce, à la mystérieuse disparition qui défraya la chronique (c’était en 1926 et son premier mari, Archibald Christie, venait de lui annoncer sa décision de se séparer d’elle), à la rencontre avec celui qu’elle épousera en dépit de leur différence d’âge, Max Mallowan, et à leur passion commune pour les voyages et l’archéologie, tout cela, et les incidences sur l’inspiration de la romancière, est présenté et analysé avec une précision, une vérité psychologique telles qu’on en retire l’impression d’une osmose entre l’écrivain et sa biographe.

 Comme si, par-delà les années, la seconde posait elle-même ses pas dans ceux de la créatrice d’Hercule Poirot et de Miss Marple. Itinéraires, et pas seulement géographiques, qui se croisent et se rejoignent, à l’image de leur découverte de la Rhodésie, ce « pays des Anglais heureux ». Sans parler d’une vision du monde dont les similitudes n’échapperont pas aux familiers des écrits de l’une et de l’autre.

Comment, enfin, ne  pas souligner l’alacrité du style qui fait de la lecture de cette biographie non seulement une stimulation intellectuelle, mais un plaisir constants ? Elle donne envie de relire les romans de « la femme à laquelle le crime aura le plus rapporté depuis Lucrèce Borgia », comme disait, paraît-il, Churchill. Impossible, désormais, de considérer celle-ci avec le même regard.

 Jacques Aboucaya

 Camille Galic, Agatha Christie. Editions Pardès, collection « Qui suis-je ? », décembre 2013, 128 p., 12 €.

 Article extrait du blog  Salon littéraire 

 

 

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Joyeux Noël !

Raphael

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Un temps de laideur

Texte de Marie Piloquet dans le supplément littéraire de Présent.

 

“Les derniers jours”

En clair-obscur 

Le monde contaminé de l’art contemporain ne l’aime guère. Brièvement rédacteur en chef dans les années 1970 d’une revue avant-gardiste, Jean Clair est vite revenu de ces mirages et a magistralement prédit, avec Considérations sur l’état des beaux-arts, il y a déjà trente ans, le naufrage de l’art français tel qu’on nous le vend – ce qui ne l’a pas empêché d’être par la suite directeur du musée Picasso et commissaire de prestigieuses expositions. Aujourd’hui l’académicien publie, à 73 ans, Les derniers jours. 

Non pas les siens. Mais ceux du monde qu’il a connu et qui l’a forgé. Loin d’une démonstration, c’est la confession inquiète, l’intuition plurielle de quelque chose qui s’en va et qui, peut-être, ne reviendra pas. Son intimité, sa famille, son éducation, il ne les dévoile pas par nombrilisme : le souvenir singulier devient le support, au fil des pages, d’une réflexion sur la société et sur l’homme qui, on le pressent, s’y perd. Il tombe le masque et avec le recul et la sagesse de l’âge, analyse cette « déconstruction » qui s’impose à son regard. 

Une laideur immense

Ses attaques sont fermes et trahissent l’inexorable. Il parle de « dissolution » et de « barbarie ». Et accroche, en épigraphe, les mots du roman d’Anatole France : « Le grand peuple pingouin n’avait plus ni tradition, ni culture intellectuelle, ni arts… Il y régnait une laideur immense. » Quel meilleur exemple que cet Art où « la puanteur fécale et cadavérique [est devenue] le signe de la distinction des esthètes et des amateurs »… 

Tout y passe. L’Ecole, sous l’égide d’une France qui méconnaît son histoire et méprise sa culture, a déserté « le pays de la Connaissance » et lui a retiré « le goût de transmettre ». Il pleure un peuple disparu, celui des campagnes françaises qui retournent à leur « sauvagerie » originelle, et évoque avec émotion son quartier de Pantin où le 9.3. n’était pas encore prévisible. Seul, parle encore le Capitaine Nemo, tout droit sorti de ses lectures d’enfance, de ces livres solitaires qu’en bons paysans ses parents cachaient dans la grande armoire normande. 

Après « le meurtre du Père » qu’incarne pour Jean Clair Mai 68, « le mariage prétendument pour tous » est venu, à son tour, conclure celui de la Mère. Sans compter « ces horreurs post-hitlériennes, l’eugénisme et l’euthanasie, qui sont en train de se mettre en place ». La Nation va pouvoir disparaître. Nous sommes les invités accidentels de cette « lugubre party dans laquelle se termine ce monde, moitié Nef des Fous et moitié Titanic ». 

Le monde veut du moderne

Et pas n’importe lequel. Celui qui rétrécira au mieux le moi intérieur, « à chaque instant observé, décrit et dénoncé par quelque Mediapart », en lui faisant croire à l’« éternel printemps du Consensus », parmi les « fêtes ininterrompues des minorités ». Celui qui brisera toutes les frontières, « plus de race, plus de sexe, plus de genre », et fabriquera un citoyen idéal « pur producteur et parfait consommateur, sans amour et sans lien ». 

L’essentiel est d’être fidèle au mythe inégalé de la transparence. « Plus un coin d’ombre : le juste n’a rien à cacher. Et le méchant devient vertueux du fait même qu’il sera en quelque sorte placé sous le regard de Dieu. » Quoi qu’il fasse par derrière… Mais il pousse des cornes à cet homme à jamais innocent, symbole éloquent du Flower Power des années 1970 : « à force de nier le Mal l’angélisme finit par célébrer les attributs du Malin ». 

Trésors d’en haut 

A cette nouvelle gnose, Jean Clair oppose une riche réflexion sur le christianisme. L’Eglise a beau être parfois salie de l’irruption de l’avant-gardisme dans ses propres murs, elle n’en reste pas moins le terreau originaire de l’art le plus riche et le plus haut. Alors, « comment ne pas considérer (…) que la beauté est la mesure de la vérité, et, par conséquent, de la foi ? ». Elle qui a vu confiée « à un enfant, un nouveau-né, la capacité de recommencer le monde », conserve une transcendance insolente et majestueuse. Ultime pied de nez à ce monde décrépit, qui reconduit Jean Clair dans la pénombre de la basilique Saint-Marc, à l’instant même de la messe, loin des hordes de touristes. C’est un fait, et Dostoïevski est là pour nous le rappeler, « l’homme ne peut conserver forme humaine qu’aussi longtemps qu’il croit en Dieu ». 

Désespéré, Jean Clair ne l’est pas. Il récuse toute nostalgie. Son malaise est réel, profond, son désarroi immense. Mais « il y a une aurore au bout de la nuit ». Et peut-être une génération qui s’apercevra de l’abîme où on la veut la précipiter, qui verra les trésors qu’on veut lui ravir. Qui voudra « habiter le monde autrement qu’en sauvage »… Puisse-t-il dire vrai !

MARIE PILOQUET

 

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Une très belle résistance

Trouvé sur le site du Rouge et le Noir ce texte d’un ami, Julien Langella:

« Nous sommes nombreux à avoir visionné cette vidéo d’une manifestation de féministes et de lesbiennes pro-avortement, qui ont attaqué, le 24 novembre dernier, un cordon imperturbable de jeunes catholiques protégeant la cathédrale San Juan, à Cuyo en Argentine. Les manifestants appelaient à « brûler la cathédrale en chantant au rythme de la samba ».

Au coude à coude, les yeux fermés ou rivés vers le ciel, recevant crachats, insultes et jets de bombes de peinture, les catholiques ne tremblent pas. Ne parvenant pas à atteindre la cathédrale, les harpies se consolent en se caressant devant la première ligne de fidèles, en hurlant comme des animaux et en dansant à demi-nues autour d’un « feu de joie »…

« Le diable se déchaîne ! » C’est la première pensée qui nous vient à l’esprit. Et puis la détermination calme des défenseurs de San Juan vient nous réchauffer le cœur. Ils prient certainement pour l’âme de leurs agresseurs. Ils ne cèdent pas à la tentation de renvoyer les coups. La plus grande tentation à laquelle ils sont soumis, ce n’est pas celle du sexe, agitée par les manifestantes. C’est de succomber à la haine. Voilà le plus efficace poison du démon, maître du chaos.

Le démon veut leur faire oublier l’enseignement de Notre Seigneur : « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manière à cause de moi. […] votre récompense sera grande dans les cieux : c’est bien ainsi qu’on a persécuté les prophètes, vos devanciers. » (Mt 5,11) Ces jeunes prennent au sérieux la parole d’un Dieu qu’on dit « mort pour le salut du monde » il y a deux mille ans. Ils doivent sûrement être un peu cinglés…

La pire des tentations à laquelle ils sont soumis, c’est d’oublier qu’ils sont le « sel de la terre » et la « lumière du monde ». C’est-à-dire des exemples à suivre, un modèle d’hommes. Non des cendres de traditions perdues, mais des flammes vivantes de la Tradition éternelle.

Ils sont comme les moines européens après la chute de l’Empire d’Occident en 476. Ces derniers furent les premiers ingénieurs ruraux – l’épopée des moines défricheurs –, les piliers du plus solide réseau de mise en relation des peuples européens – par le biais des pélerinages –, gardiens des trésors de la pensée greco-latine, comme au Mont Saint-Michel.

Mais aussi, parrains bienveillants des corporations de métier, formées par les artisans regroupés autour des monastères fortifiés, asiles de paix dans les temps de trouble suivant la chute de Rome. Ces confréries étaient l’armature de l’édifice social d’Ancien régime, elles durèrent plus de mille cinq cent ans, jusqu’à leur assassinat par la Loi Isaac-Le Chapelier en 1791.

Leur héritage est immense, les moines furent les pilotis de la civilisation européenne.
ous ne voyez pas le rapport avec les jeunes catholiques de San Juan ? C’est pourtant évident : on ne fonde pas une Chrétienté à coups de décrets ou d’exhortations nostalgiques, dans l’entre-soi mondain des rallyes. On fonde une Chrétienté… avec des chrétiens. Or l’attitude des jeunes de San Juan est emblématique de l’impression formidable que peut provoquer sur les âmes une force pacifique mais déterminée.

Être à la fois forts et doux, résistant à l’ennemi et priant pour lui : c’est incompréhensible pour notre époque. Et pourtant, c’est cette attitude qui est semence de civilisation. Car on ne fonde pas un édifice durable sur la vendetta, mais sur la paix. Or, le pardon en est le terreau universel. C’est ainsi que l’Eglise et les moines ont fait l’Europe, en limitant au maximum les guerres privées qui déchiraient les royaumes à naître.

Et c’est ainsi que, demain, nous referons à la fois la Chrétienté, par ce modèle d’hommes alliant une intransigeance totale sur les valeurs (« la fidélité à Dieu n’est pas négociable », nous dit le pape François) à une foi inexpugnable en la rédemption personnelle ; et puis l’Europe, fruit naturel d’une paix établie en vue d’un avenir commun, placé sous le signe des promesses de notre baptême, et non de la paix hypocrite des marchands.

Honneur aux défenseurs de San Juan !

Julien Langella

 

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Des livres pour savoir, des livres pour combattre….

avec Sevilla

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L’art forgé par le christianisme

Institution du rosaire, tableau de Tiepolo en l’église vénitienne de Notre Dame du rosairetiepolo24rosaire

L’art forgé par le christianisme

 

Dans ses mémoires récemment parues Jean Clair fait des déclarations extraordinaires, non pour nous, lecteurs de Présent  mais pour le milieu d’art contemporain qu’il a fréquenté une grande partie de sa vie, en organisant une exposition sur Marcel Duchamp et en dirigeant le Musée Picasso.  Piss Christ , cette photo d’Andres Serrano, d’un crucifix  plongé dans un verre d’urine l’a mis hors de lui. Il évoque Satan: « Oui Satan… ce qui m’étonne c’est que le monde actuel ne croit pas au mal. …Elevé dans la religion catholique, je ne suis plus pratiquant pour diverses  raisons, mais je suis de plus en plus frappé par la puissance et la beauté d’un art forgé par le christianisme…C’est la seule forme d’art-on va m’étriper de dire cela mais tant pis- qui témoigne d’une telle tendresse, d’une telle spiritualité et d’une telle humanité. »

 

Cet art forgé par le christianisme, Noëlle Dedeyan nous en offre un  exemple somptueux, dans un livre intitulé Venise mariale, guide artistique et spirituel. Elle nous propose tout simplement de réciter le rosaire en choisissant, dans quelques unes des  137 églises de  Venise, les tableaux évoquant les  quatre mystères.   L’avant propos nous révèle le lien entre Venise et la VIERGE : « Réputée pour avoir été fondée le jour anniversaire de l’Annonciation, le 25 Mars 421, Venise surgie des eaux par la volonté de l’homme a toujours entretenu une relation privilégiée avec la Vierge Marie. La date de sa fondation coïncidant avec la venue de l’ange Gabriel envoyé à Marie pour lui annoncer qu’elle sera la mère du Fils de Dieu en qui repose l’espérance de l’humanité, la ville commémore aux yeux de ses habitants la création du monde. Née divine, Venise s’identifiant à Marie se considérait vierge car n’ayant été profanée (avant la dissolution de la Sérénissime République) par aucune domination étrangère. Sancta villa( ville sainte, lieu d’embarquement pour les pélerinages en Terre Sainte, sacré et profane y furent étroitement mêlés et les représentations de la Vierge sont multiples dans la cité lagunaire. »

Dans les églises mais aussi sur les ponts, celui du Rialto notamment, à l’abri dans des petits édicules, devant l’embarcadaire des gondoles place Saint Marc, au coin des rues sur les facades, innombrables sont les statues ou bas reliefs représentant la Sainte Vierge. Noëlle Dédeyan rappelle aussi l’histoire du Rosaire institué par le pape Pie V pour remercier Marie de la victoire de Lépante donnée à la flotte chrétienne et à Venise qui joua un rôle décisif. »Le pape attribua la victoire aux multiples processions organisées à Rome par les confréries du Saint Rosaire. En 1573,sous le pontificat de Grégoire XIII, la fête de Notre Dame de la Victoire devint celle du Saint Rosaire et fut fixée au premier dimanche d’Octobre.

L’Annonciation du Polyptyque de Saint Vincent Ferrier de Bellini, sa jeune vierge les mains jointes, si priante et si belle devant un rideau de soie cramoisie, l’institution du Rosaire de Tiepolo à Santa Maria del Rosario dans le Dorsoduro, et son prodigieux va et vient des anges entre le ciel et la terre , le couronnement de la Vierge de ce peintre peu connu et exposé à Paris l’hiver dernier, Cima da Conegliano en l’église Saint Jean et Saint Paul, tels sont parmi des dizaines d’autres , les trésors artistiques nés du christianisme. Le livre contient quatre circuits, facilitant ce pélerinage autour des mystères du Rosaire. Il s’achève aussi sur un index biographique de presque tous les artistes vénitiens concernés par ce travail. Toutes les notices commencent par X: fils de… ou élève de…Ce qui signifie que ces artistes apprenaient longuement leur art de leur père, déjà dans la carrière, ou d’un maître.

Réciter 200 Je vous salue Marie à Venise est un programme qu’aucune agence touristique n’avait pensé à nous proposer. Le bonheur artistique est d’autant plus grand qu’ Internet nous propose pratiquement tous les grands tableaux expliqués dans ce livre et dont on ne voit que des détails bien sûr .Que Noëlle Dédeyan soit infiniment remercié pour cette invitation au voyage spirituel sur place ou autour de notre chambre. 

 

Et si l’art  contemporain , artistes et public confondus, n’était qu’un franc et massif refus de cet art chrétien ?  Un refus du christianisme pur et dur , idélogique , nous sommes devenus des dieux, nous n’avons plus besoin de Dieu. Une volonté marxiste aussi d’ obéir à l’oukase « du passé faisons table rase. » On ne risque pas de voir les nouveaux fabriquants d’art évoquer leur maître, ils n’en ont pas, ils sont trop forts…Une dernière raison pourrait être tout simplement l’inculture abyssale de nos contemporains .L’enseignement du catéchisme étant passé de mode, des pans entiers de notre culture deviennent pour eux des hiéroglyphes.

Aude de Kerros, après avoir écrit L ‘Art caché, celui qui est occulté par l’art financier  et Sacré art contemporain. Evêques, inspecteurs et commissaires,  nous offre un nouveau livre en collaboration avec Marie Sallantin et Pierre Marie Ziegler intitulé: 1983-2013. Les années noires de la peinture, une mise à mort bureaucratique. Ils racontent, preuves à l’appui comment les inspecteurs de la création (comme en Russie il y avait des ingénieurs des âmes ! ) ont décidé que la peinture serait rayé des cadres….Tout se fit ,dit Aude de Kerros, par voie administrative, sans que pèse sur quiconque la menace d’un goulag. Les peintres n’ont subi qu’une relégation domestique, l’exil à la maison ».Le budget du ministère de la culture est énorme, 2 milliards cent. Ce trésor devait fatalement attiré certaines personnes .Des  commissaires gouvernementaux, des inspecteurs qui ne ressemblent pas du tout, c’est le moins qu’on puisse dire à Nicolas Fouquet mais aussi les marchands se sont unis pour mettre la main sur le magot dans un véritable fric frac!

Jack Lang, entre autres , a nommé des commissaires très jeunes, la plupart sans culture , sans aucune expérience artistique, pour tout régenter et  acheter en dehors de la France la plupart des  oeuvres.

Les commissaires marxistes voulurent anéantir tout ce qui n’était pas marxiste et les marchands américains, tout ce qui prouvait l’immense apport de la peinture,  chrétienne ou non,  européenne . Le film , La ruée vers l’art montre bien ces chercheurs d’or , les marchands, comme les industriels de la peinture créant le filon qu’ils vont exploiter. Ce fut rapidement beaucoup plus juteux que de s’arracher les dernières grandes oeuvres disponibles sur le marché.

« Ce n’est pas Philippe IV qui a fait Vélasquez, ce n’est pas la IVe République qui a fait Georges Braque, mais c’est la Ve République qui a fait Daniel Buren. » écrit bellement Marie Sallantin. Michel Schneider lui fait écho   pour rappeler qu’il ne pouvait y avoir une politique de l’art . « Une politique de la conservation, oui, une politique de l’enseignement, bien sûr,une politique des professions artistiques, évidemment mais pas une politique de la création. …Je ne connais pas de régimes qui aient politisé la question de l’art, ou esthétisé la question de la politique, sans avoir été finalement totalitaires. »

Pendant que les « hochets pour vieux bébés » , ceux de Koons, Murakami et autres apportaient richesse et célébrité à ceux ci ,

 les vrais peintres vécurent le martyr de l’art ou l’art livé aux bêtes selon le beau titre d’ Henri Charlier  . Les faux monnayeurs appuyés sur les « fonctionnaires de l’industrie culturelle » selon Boris Lejeune mènent la danse.

Terminons ce triste et implacable constat avec les propos de Christine Surgins, la comparse d’Aude de Kerros sur Radio Courtoisie et auteur,elle aussi d’un beau livre, Art contemporain : art ou mystification ?, :  « A  la différence des USA, où l’art conceptuel n’a pas éliminé la peinture, où tous les marchés sont possibles, la France se distingue par un « Etat culturel » analysé par Marc Fumaroli. L’AC est soutenu par l’Etat et les grands capitalistes du mercantilisme mondialisé, Pinault, Arnault…qui constituent des trusts artistiques. D’où un art officiel sans contrepoids, unique dans les annales avec une collusion de fonctionnaires/financiers qui utilise le patrimoine de l’Etat et de l’Eglise comme une machine à faire les cotes !. » 

Voilà pourquoi la peinture vénitienne ad majorem gloriam dei , continue de fasciner et que sa cote ne risque pas de s’effondrer comme bien d’autres à l’avenir…

Anne Brassié

PS Nous vous signalons un merveilleux blog intitulé Album vénitien.

qui complêtera parfaitement la lecture de Venise Mariale.

 

Venise mariale. Guide artistique et spirituel. Noëlle Dédedeyan. Favre. Les 3 orangers.

1983-2013. Années noires de la peinture. Une mise à mort bureaucratique? Aude Kerros, Marie Sallentin,Pierre Marie Ziegler. Ed   Pierre Guillaume de Roux  

 

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Encore deux églises vouées au buldozer, à Bordeaux

 

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2 églises mises en ventes sur Le Bon Coin

 

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… par l’évêché de Bordeaux :

 

« Ne pouvant faire face au coût de restauration de la chapelle du Christ Rédempteur située à Talence, dans la banlieue sud de Bordeaux, l’archevêché a tout bonnement décidé de s’en séparer. Le lieu de culte, qui date de 1907, va donc bientôt connaître une seconde jeunesse. Un architecte travaille actuellement à sa reconversion en résidence, l’objectif étant d’y loger 16 appartements.

 

Seul impératif : conserver la façade qui « est protégée par un classement communal », comme le précise le maire de Talence, Alain Cazabonne. Avec l’argent de la transaction, près d’un million d’euros, la paroisse projette d’entretenir une autre chapelle dans le sud de la ville.

 

Et l’esprit d’investissement du diocèse ne s’arrête pas là puisqu’il a mis en vente une seconde église qui ne servait plus depuis des années, cette fois en plein coeur de Bordeaux. La cession de Notre-Dame de Lourdes, en passe d’être vendue pour environ 500 000 euros, devrait cette fois permettre de financer la construction d’une nouvelle église, la première à voir le jour à Bordeaux depuis 40 ans. Là encore, ce sont des logements qui devraient venir remplacer le lieu de culte. »

 

Extrait du Salon Beige de ce jour

 

 

 

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Il y a des choses qu’on ne fait pas à Moscou….

 

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Ils ont dit : « NON ! » Les russes ont dit « non » à la malle géante (9m sur 30m) installée  sur la place Rouge par Vuitton (dont le président Mr Arnault est friand d’AC). L’objet, tel un gigantesque ready-made, polluait ce site historique avec le justificatif habituel, dégoulinant de bien-pensance, et censé rendre vertueux n’importe quel coup de pub ou de com d’AC : « bénéfices au profit des enfants handicapés ». Des députés russes intervinrent et Vuitton a été prié de plier bagages  :« des dizaines de milliers de personnes viennent spécialement ici voir la place Rouge, non du racolage… ». Argument à transmettre d’urgence à la direction du château de Versailles où palais et jardins tapinent régulièrement pour les grands collectionneurs… Ca tombe bien, il paraît qu’une loi anti-racolage va maintenant punir les clients…

Extrait du blog de Christine Surgins

 

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Fête du livre Renaissance Catholique à Villepreux le 8 Décembre

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Toute la Bretagne en bonnet rouge et le reste de la France en bonnet vert !

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Venez lire sous les sapins

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Sur les écrans La ruée vers l’art

Documentaire sur l’art contemporain, ses stars, ses foires, ses ventes, ce film laisse pantois tellement les sommes d’argent sont colossales et l’escroquerie visible….Les nouveaux chercheurs d’art sont bien plus malins que jadis, ils créent eux mêmes les filons qu’il vont exploiter.  C’est un marché mondial . Dubaï, Hong Kong s’imposent à Venise et Bâle. Des ports francs sont créés pour que ce gros traffic reste discret. Les gros plans de Jeff Koons  et ses homards , Andy Warhol et ses « pissing painting », Urs Fischer et ses  portraits caviardés de légumes montrent bien que le roi est nu et que personne n’ose le dire. C’est une fantastique bulle spéculative et nous attendons la petite aiguille qui ramènera tout cela à sa juste non valeur. On comprend pourquoi l’économie mondiale marche si mal quand on voit les élites financières placer leurs milliards sur le dos de cochons scribouillés. Les critiques de ce film sont féroces et reprochent aux deux journalistes de ne pas agresser les stars mais elles auraient été foutues dehors par des gros bras! Et nous n’aurions rien vu.

homardLe couple de collectionneurs Rubell, riche de 4000 oeuvres, semble incompréhensible. Nous préférons le mexicain Pérez Simon qui a prêté ses trésors de l’époque victorienne anglaise au Musée Jacquemart André. Un peintre chinois échappe au dégout, Zhang Huan qui peint d’immenses scênes de la vie chinoise avec de la cendre recueillie dans les monastères tibétains. 

Jamais l’argent n’avait été aussi vulgaire. L’ère des Medicis est vraiment très lointaine….cochon

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Sur les écrans The way, Le chemin

camino

Un américain apprend que son fils vient de mourir dans un accident sur le chemin de Compostelles. Il file sur les lieux, endosse les habits de son fils et part marcher sur les traces de ce fils qu’il ne connaissait pas bien et n’aimait pas trop. Avec lui, un hollandais, lourd mais gentil, un journaliste irlandais, une pauvre canadienne qui ne se remet pas de son avortement.  Ce film qui devrait s’appeler , en France, le chemin ou la route ou el camino et non The way,  est étonnant et profond. Il montre comment le pèlerinage agit sur chacun à son insu. Les premières images du film montrent un paysage américain sans églises, puis c’est la vieille Europe avec un lieu sacré, église, chapelle, calvaires, tous les kilomètres. Bons dialogues, photos superbes et bandes son remarquable. Chemin de foi, chemin de croix, chemin de repentance, la route de Compostelles vous emmène très loin.

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Sur les écrans Neuf mois ferme

Albert Dupontel prend son temps et réfléchit . Voilà l’une des raisons de la réussite de ses films. Il fait se rencontrer à Paris, une nuit de Ier janvier une très jolie juge de 40 ans, Ariane Felder, célibataire, sans enfant et un petit voleur à la belle gueule, lui aussi. Tous deux blessés par la vie.  Je ne vous en dis pas plus mais l’on rit de la première à la dernière image. Le scénario, les dialogues, les castagnes, tout est hilarant et  très enlevé.  Le jeu de mots du titre dit tout ou presque. Sur certains membres de la justice, de la police, les féministes, la caricature pétille et on se régale . Quand aux photos d’échographie de ce bébé qui s’accroche on ne peut que soupçonner une tendance pro vie très originale dans le contexte actuel ! fermes

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