« Nous périssons faute d’émerveillement mais non faute de merveilles. » Chesterton
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Le lit bleu et La promesse ou la correspondance de la Comtesse de Sabran et du Chevalier de Boufflers
2 tomes éditions Taillandier
Publié dans Agenda, Les émissions d'Anne Brassié
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Bussy Rabutin le flamboyant
A la guerre, à la table comme en amour il allait « au solide » et le raconta dans ses Mémoires. Le merveilleux biographe , Daniel des Brosses s’en inspire pour raconter l’étonnante vie de Roger de Bussy Rabutin, cousin amoureux de la Marquise de Sévigné et compagnon d’armes de Condé. Le 17 ème siècle, son énergie et sa verdeur éclatent dans ces pages écrites d’un plume insolente , très en phase avec celle de Bussy .Ses combats flamboyants contre les Espagnols, en Flandres et en Catalogne, ses conquêtes amoureuses , son goût pour l’esprit français et son don des portraits lui firent beaucoup d’ennemis . Ce gentilhomme , Mestre de camp général de la cavalerie légère de France avait la plume aussi acérée que son épée. Condé, Turenne, Mazarin et quelques femmes se virent croquer pour l’éternité. On se vengea .L’exil dura dix sept ans. « J’aime mieux être disgracié pour avoir réfléchi que récompensé pour avoir été servile. »Il se mit à écrire . Si Louis XIV ne reconnut la valeur de son loyal serviteur la postérité, elle, reconnut ses dons . « Il faut écrire comme Bussy » disait La Bruyère.
Daniel des Brosses
Via Romana
Publié dans Les émissions d'Anne Brassié
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En guise de salut : Venet ou les cornes de Versailles
Les grandes ferrailles incurvées qui encadrent en ce moment la perspective de l’accès au château de Versailles évoquent de monstrueuses cornes. Mais en vérité, cela fait plusieurs années que Versailles porte des cornes. Car son président – M. Aillagon – a trahi sa mission en utilisant systématiquement Versailles comme vitrine de ce qu’on appelle improprement l’art contemporain.
Le si mal nommé art contemporain n’a pas sa place à Versailles, car en règle générale ce n’est pas de l’art. C’est de l’anti-art, du non-art, du canular. Bref, n’importe quoi : tout sauf de l’art. En réalité, ce n’est qu’une affaire d’argent, de très gros argent. En mettant Versailles au service de cette imposture, M. Aillagon a trahi l’esprit de Versailles, craché symboliquement sur Versailles. Y imposer le prétendu art contemporain, c’est une insulte envers ce lieu prodigieux, une scandaleuse pollution de Versailles par des choses incongrues qui n’ont rien à y faire. Mais c’est un scandale délibéré. Car le prétendu art contemporain a besoin de scandale pour exister pleinement.
A la tête de Versailles, M. Aillagon a pratiqué un détournement de pouvoir : il a fait passer ses choix avant les devoirs de sa charge. De plus, il a imposé le prétendu art contemporain par des procédés totalitaires, faisant interdire aux conférenciers professionnels de critiquer l’intrusion du canul’art à Versailles, avec menace de mise au chômage en cas d’indocilité. M. Aillagon semble avoir oublié que le président de Versailles n’en est pas le maître : il ne doit en être que le premier serviteur. Au lieu de quoi, il s’est comporté comme si sa présidence de Versailles faisait de lui le Louis XIV de l’« art contemporain ».
Comme responsable de Versailles aussi bien que comme ministre de la Culture, M. Aillagon est apparu comme un serviteur infidèle. Il a trahi sa mission de ministre de la Culture en mettant en danger les cathédrales par une réduction drastique de leur budget de restauration. Si certaines cathédrales ont menacé ruine, c’est par la faute de M. Aillagon. Il a ainsi montré son profond désintérêt – pour ne pas dire son mépris – pour les trésors patrimoniaux de la France. M. Aillagon n’était pas à sa place comme ministre de la Culture. Il ne l’a pas été davantage comme président de Versailles.
M. Aillagon est officiellement un grand commis de l’Etat. Mais, derrière cette façade, il s’est en réalité comporté en grand commis du lobby de l’« art contemporain ». A la tête du château de Versailles depuis 2007, M. Aillagon y a largement servi les intérêts de milliardaires qui placent d’énormes liquidités dans les inepties des soi-disant artistes contemporains. Comme ils veulent que ces placements soient sûrs, et même fructueux, ces puissants magnats de la finance ou des affaires s’emploient à entretenir un niveau toujours plus élevé des prix de ces absurdités pseudo artistiques, dont ils possèdent des collections pouvant valoir des milliards d’euros ou de dollars. Pour cela, rien de plus efficace que d’exposer à Versailles ! Opérations publicitaires à l’échelle mondiale, les invitations à Versailles de Koons et consorts ont constitué un fabuleux cadeau de M. Aillagon à ses amis les milliardaires grands collectionneurs de ces aberrations, dont ils font à leur profit une gigantesque bulle spéculative.
Reste que le véritable responsable de tout ce gâchis est le président Sarkozy. Il aurait dû, après le scandale de l’exposition Koons en 2008, mettre le holà et exiger la démission de M. Aillagon. Du moins eût-il fallu ne pas renommer celui-ci en 2010 ! Le président de la République n’en avait d’ailleurs pas l’intention. Il avait promis la présidence de Versailles à M. Darcos, homme de vraie et grande culture, qui y aurait accompli un magnifique travail dans le respect de l’esprit de ce haut lieu de l’art et de l’histoire. Mais M. Aillagon, décidé à rester à tout prix, fit agir des groupes de pression extrêmement puissants qui arrachèrent au président de la République sa prorogation à la tête de Versailles.
Très négative pour Versailles, cette décision fut une faute politique grave de M. Sarkozy, qui lui a aliéné une portion non négligeable de son électorat naturel. Il y a bien des gens qui auraient volontiers voté pour lui en 2012, mais qui risquent de refuser leur suffrage à celui qui a permis à M. Aillagon de poursuivre à sa guise son scandaleux détournement de Versailles.
Certes, mieux inspiré cette fois – peut-être en raison de la relative proximité de l’élection présidentielle –, M. Sarkozy vient de refuser une nouvelle reconduction à M. Aillagon, en dépit de ses pressions et récriminations. On ne peut que s’en réjouir. Mais la nouvelle présidente aura-t-elle la volonté et le courage de faire cesser l’insupportable outrage fait à Versailles en mettant fin aux « aillagonneries » ? Son choix aura une incidence certaine sur les résultats électoraux de M. Sarkozy.
Jean-Louis Harouel *
* Professeur à l’Université de Paris II, auteur de La grande falsification. L’art contemporain, Editions Jean-Cyrille Godefroy.
Publié dans Versailles Mon Amour
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Après le homard de Versailles , la baleine de Bourges
Versailles profané par le homard géant de Jeff Koons avant le tsunami de
Murakami ou le Palais-Royal banalisé par les colonnes de Buren ne sont
hélas pas les seuls hauts lieux de notre histoire à subir des modes du temps
l’irréparable outrage. La province n’est pas épargnée, les féodaux locaux
tenant à déposer leur petit étron moderniste sur les plus prestigieux édifices
dont ils ont la charge.
Avec ses nombreux jardins dans le goût de Lenôtre, ses rivières et son pittoresque « marais » en pleine
ville, Bourges est à n’en pas douter l’une des plus agréables cités françaises, regorgeant en outre de
richesses architecturales. Saint-Etienne, sa splendide cathédrale gothique à cinq nefs étagées frappe par
sa hauteur, son élégance et la beauté de ses vitraux, ses églises romanes sont du plus grand intérêt, ses
placettes entourées de maisons médiévales à pans de bois sont charmantes. Sans oublier évidemment ses
demeures seigneuriales comme l’Hôtel Cujas qui abrite le musée du Berry, l’Hôtel des Echevins
(réhabilité pour accueillir la donation du peintre Maurice Estève mort en 2001, celle-ci sans le moindre
intérêt) et bien sûr le Palais Jacques Cœur. Chef d’œuvre du gothique flamboyant construit à l’initiative
du grand argentier de Charles VII, qui ne l’occupa jamais, le roi l’ayant fait jeter en prison (d’où il
s’évada) en 1451, dix ans après l’avoir anobli.
Grandeur et décadence puisque, ayant réussi à s’évader de sa geôle, Jacques Cœur qui s’était mis au
service du pape devait mourir misérablement à Chio lors d’une expédition contre les Turcs. Grandeur et
annonce les châteaux de la Renaissance. Le Centre des Monuments nationaux a imaginé en effet d’y
déployer jusqu’en octobre les “œuvres” gigantesques de l’Helvète Christian Gonzenbach. Sous le titre
usurpé « les Echelles du Levant », une monstrueuse baleine de bois encombre la Salle des Festins dont
elle fausse les proportions, un grotesque et non moins énorme lapin de « bois, mousse de polystyrène et
peaux de lapin véritables » squatte la Salle d’Apparat, etc. Non seulement ces « créations » bêtes (bêtes
surtout à pleurer bien qu’elles soient qualifiées de « poétiques »et supposées « humaniser des lieux que le
poids de l’histoire pourrait rendre accablant ») n’ont rien à faire dans un tel lieu, mais elles en
compromettent gravement l’élégance, la beauté et la noblesse.
En fait, n’est-ce pas là l’objectif ? Faute d’espérer pouvoir égaler les
maîtres du passé, les petits marquis de l’art « comptant-pour-rien »
souillent et avilissent ce qui les a précédés, avec la complicité des
pouvoirs publics et des municipalités qui, soit par conformisme béat,
soit par intérêt, soutiennent et subventionnent ce véritable négationnisme.
Ainsi, comment Serge Lepeltier, l’actuel maire de Bourges, qui a écrit ou du moins signé un livre sur
Jacques Cœur (L’Argentier du roi, éd. Michel Lafon 1999), a-t-il pu laisser polluer à ce point ce qui fait
l’orgueil de sa ville ? A moins bien sûr que l’offense faite à Jacques Cœur ne participe d’un plan plus
large. Spécialiste des frères, Etat dans l’Etat auquel elle a consacré un livre (Albin Michel 2009), la
journaliste Sophie Coignard classe parmi les « francs-maçons de Sarkozy » le maire Lepeltier, ex-RPR,
ex-PR, ex-UDF, ex-UMP et ex-vice-président du très maçonnique parti radical valoisien aujourd’hui
dirigé par Jean-Louis Borloo. Un poste auquel il a renoncé le 9 février 2011 quand il reçut de l’Elysée la
sinécure d’« ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique, en remplacement de
Brice Lalonde ». Mais le personnage reste maire de Bourges et, à ce titre, il est le premier responsable des
aberrations commises dans l’ancienne cité royale. Adepte des « musiques métisses », c’est ainsi avec sa…
bénédiction que fut organisé le 19 août un tonitruant concert de salsa aux portes de la cathédrale.
Claude LORNE
Publié dans Versailles Mon Amour
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De quoi DSK est il le nom ?
Ciceron le disait déjà : » Tels que sont les dirigeants d’un cité, telle est la cité. Tout changement de moeurs qui affecte les chefs a des répercussions dans le peuple..Il suffit de quelques gens peu nombreux, pour corrompre ou redresser les moeurs d’un pays. » Réflexion brillante sur cette pauvre victime DSK, victime de son histoire familiale, de Mai 68 et de toutes les théories de libération qui en ont fait finalement un esclave de sa libido. Damien La Guay cite les sages conseils du Conseil des Dix à Venise pour préserver la sûreté de la République. Quatre crimes étaient à éviter à tous prix: la calomnie, la luxure, la rébellion et la corruption. Bref un état des lieux actuel et complet sur les connivences politiques, médiatiques et intellectuelles et l’auteur ne craint pas de prôner un retour à l’ordre moral !…
Editions L Oeuvre
émission du Jeudi 8 Septembre
Publié dans Les émissions d'Anne Brassié
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Pour lire à l’ombre des tilleuls
Petite liste pour grandes journées de liberté
Douce orthodoxie de Vladimir Volkoff publié à L’Age d’Homme : Dernier ouvrage publié par l’immense éditeur Vladimir Dimitrijevic, ce livre est fait de documents inédits sur diverses sujets, le complexe de Procuste, (coupons tout ce qui dépasse ) éloge de la différence, ses deux dogues gardiens, le dégoût et le mépris, ses vraies anges gardiens et la douce Orthodoxie choisie par son saint patron Vladimir parce que la liturgie entendue à Sainte Sophie par ses ambassadeurs était si belle qu’ils ne savaient plus s’ils étaient sur la terre ou au ciel. Vous retrouverez tout l’humour et l’insolence de Volkoff , sa lucidité et sa foi. Merci à Lydwine Helly qui a réalisé ce livre et l’a préfacé.
Migrations de Milos Tserniansky . L’un des romans préférés du grand éditeur de l’Age d’Homme,Dimitrijevic , qui vient de disparaître, évoquant les siècles tragiques de la Serbie.
et ses mémoires Personnes déplacées qui racontent la fuite d’un jeune serbe en Suisse .
Anouilh , un auteur inconsolable et gai par Anca Visdei aux éditions Les Cygnes . Ou le bonheur parfait de voir traité pour la première fois la biographie du merveilleux Anouilh par une amie, une admiratrice fervente à la plume légère et spirituelle. Continuer la lecture
Publié dans Livres choisis
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Leçons d’histoire de France pour l’impératrice des Français
Bibliothèque de CL
Qu’il est loin le temps où une souveraine, d’origine étrangère, se faisait enseigner l’histoire de notre pays et de ses institutions afin de ne rien ignorer du passé et des heurs et malheurs de ses sujets ! Belle leçon donnée à nos contemporains, c’est Eugénie de Montijo, ravissante Hispano-Ecossaise dont Napoléon III fit son épouse qui, en avril 1870, fit solliciter Numa Fustel de Coulanges pour qu’il lui dispense, ainsi qu’à son entourage, ce précieux enseignement auquel la guerre contre la Prusse, entrainant la chute du Second Empire, devait hélas mettre un terme.
C’est donc sur Louis XI que s’acheva ce cycle de conférences, ou de causeries, aujourd’hui éditées en volume, avec une remarquable préface de l’universitaire David Mascré, récemment coopté par Marine Le Pen au Bureau politique du Front national.
Tous ceux qui ont lu avec enthousiasme La Cité antique retrouveront dans ces Leçons la justesse et l’ampleur de vue, l’esprit de synthèse et la puissance d’évocation qui caractérisent Fustel de Coulanges (1830-1889), mais aussi son attachement profond à nos racines. A cet égard, les chapitres sur la position éminente de la femme dans les sociétés indo-européennes archaïques, la Gaule entre les Romains et les Germains, Saint-Louis ou l’honnête homme fait roi, devraient être mis au programme de tous les établissements scolaires dignes de ce nom. Cet enseignement rendrait aux jeunes Français le sens de l’honneur et la fierté de l’héritage reçu de leurs aïeux. Après tout, n’est-ce pas Napoléon (premier du nom) qui professait que « la mémoire est la citadelle de l’esprit » ? Raison pour laquelle, bien sûr, tout est fait pour annihiler notre mémoire nationale.
Fustel de Coulanges : Leçons à l’impératrice sur les origines de la civilisation française. 158 pages, 19,70 €. En vente aux Editions de l’Infini, 61 rue du Jard, 51100 Reims. Site : HYPERLINK « http://www.editions-infini.fr » www.editions-infini.fr.
2 ème note de lecture
Dominique Erulin reprend « la grande piste »
Publié dans la bibliothèque de CL
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Jean Clair au parvis des Gentils par Christine Sourgins
“Culte de l’avant-garde et culture de mort”
Intervenant à l’Institut de France dans le cadre du Parvis des Gentils, l’académicien Jean Clair choisit de traiter, sans langue de bois ni de buis, d’un épineux sujet : le culte de l’avant-garde… dans nos églises. Devant le président du Conseil pontifical pour la culture, le cardinal Gianfranco Ravasi, l’historien de l’art a sonné la charge contre l’irruption de « monstruosités » dans les sanctuaires chrétiens. Florilège.
Conservateur général du patrimoine, essayiste, historien de l’art, Jean Clair est de ceux qui ressentent la réalité de « preuves esthétiques » de l’existence de Dieu : « Dieu est, dit-il, parce que toute la création témoigne de son œuvre et que cette œuvre est belle ». Mais l’œuvre de la création est aussi une loi éthique : « Il n’y a que l’homme à pouvoir humilier la beauté […] : nous avons pouvoir de sublimer ou bien au contraire de “vilifier” les sensations qui entrent par les portes de notre chair. »
Pour Jean Clair, « la religion catholique est invinciblement une religion du visible, de la chair et du corps, et elle est nécessairement une religion de la beauté du visible. Elle réclame l’image à l’opposé d’autres fois qui refusent l’image ou bien qui ne l’acceptent que sous des formes monstrueuses ». Continuer la lecture
Publié dans Versailles Mon Amour
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Les reliques barbares vont-elles terrasser les arts conceptuels ?
Extrait du blog d’Aude de KERROS
Essayiste, critique d’art
15 janvier 2011
Vous avez peut-être le sentiment de ne plus comprendre grand-chose à la finance et à l’art.
C’est normal. En l’espace de cinquante ans, les définitions des mots « art » et « monnaie » ont changé. En réalité, la même crise transparaît dans les phénomènes monétaires et sur le marché de l’art.
uels liens entre art, langage et monnaie ? Une séparation entre le fonds et la forme. À partir de 1913, Marcel Duchamp conçoit un art d’essence purement conceptuelle, Saussure opère une révolution sémantique et coupe le signifié (le concept) du mot phonétique (le signifiant). Enfin, avec la guerre de 1914, commencent les premières interruptions de la convertibilité de la monnaie en or. La fin des accords de Bretton Woods, en 1971, supprimera toute référence à l’étalon or et même, à mesure qu’avance le siècle, à d’autres contreparties tangibles. Progressivement, ces divorces du fond et de la forme provoquent une grande crise de la valeur.
Monnaie conceptuelle et financial art : un viol de l’avenir
Art et finance peuvent désormais produire la quantité de qu’ils jugent « utile ». On est passé de l’idée que la monnaie devait refléter la réalité économique à une monnaie qui anticipe de futures richesses. À partir de 1960, on a décrété que l’art, objet unique, remarquable, fruit du talent et de l’inspiration, appartenait au passé et que, désormais, était seul « contemporain » et légitime l’objet conceptuel, reflet de la société, sériel, scandaleux et support de communication.
es tenants des théories pragmatiques anglo-saxonnes affirment que la valeur est engendrée par le mouvement, le projet. Ils refusent l’idée de la nécessité d’une contrepartie tangible et visible.
ls se justifient en affirmant : « C’est bon parce que ça marche maintenant.« . L’évaluation à long terme, l’observation du passé et l’anticipation du futur n’ont pas de sens, la seule chose appréciable est le profit présent. L’avenir est violé puisque, en art comme en finance, il suffit d’affirmer qu’une chose n’existe pas – ou pas encore – pour qu’elle existe. C’est ainsi que les monnaies conceptuelles ont trouvé leur légitimité.
rès vite, la réalité disparaît… et de nouveaux étalons de la valeur apparaissent : l’AC (1) est enfanté par les réseaux, la monnaie est engendrée par les produits dérivés, immatériels, appartenant au ciel des idées platoniciennes.
Arts monétaires contre reliques barbares
Les théoriciens considèrent avec horreur l’or et le « grand art », les accusant d’être des « reliques barbares », auratiques mais improductives.
partir des années 1990, Manhattan est devenu le berceau de la finance créative ainsi que le chaudron de « l’art financier », art de la création de la valeur en réseau, grâce au délit d’initié, aux ententes et aux trusts. Le marché de l’AC n’est pas soumis à une réglementation et à un contrôle, comme il est d’usage sur les autres marchés. Il est le terrain de jeux psychologiques s’appuyant sur la culpabilité et la haine de soi, sur l’art de la communication – pour ne pas dire de la manipulation -, sur les jeux d’influence, sur les stratégies mondaines, mais aussi sur la constitution de chaînes de plus en plus complètes : collectionneurs – galeries – salles des ventes – médias – institutions – musées. Les collectionneurs et les banquiers sont devenus des artistes financiers oeuvrant à rebours des alchimistes : ils ne transmutent plus de la matière en or, ils créent de la richesse conceptuell
Contes et légendes de la création arbitraire
En 2008, la valeur a disparu de façon spectaculaire sous nos yeux.
n se souvint alors d’histoires anciennes comme celle du banquier John Law qui a vu ses mines de lapis-lazuli de Louisiane disparaître en quelques heures et rejoindre les royaumes oniriques. Pourtant, elles avaient bel et bien renfloué les finances du régent, évité la banqueroute de l’État et relancé, au passage, l’économie française. Cela avait magnifiquement fonctionné… jusqu’à l’arrivée légendaire du duc du Maine avec ses trois carrosses pour reprendre son or, après avoir gagné beaucoup d’argent et provoqué les émeutes de la rue Quincampoix. L’or vient au secours de la monnaie tout comme le « grand art » est le refuge des fortunes qui se sont faites grâce à l’AC et aux autres produits dérivés. Récemment, Jeff Koons, modèle même du financier bifron, trader/artiste, a acheté un Fragonard que le Louvre n’a pas pu s’offrir. Tous les artistes contemporains « les plus chers du monde » en font autant : ils savent où se trouve la valeur…
Paru dans Moneyweek, n° 111, 16-22 décembre 2010
1) AC : acronyme d’art contemporain, utilisé par Christine Sourgins dans Les Mirages de l’art contemporain (Éditions de la Table ronde), afin de montrer que l’ « art contemporain » est un concept et ne représente pas tout l’art d’aujourd’hui mais uniquement le courant conceptuel, considéré comme seul « contemporain ».
Publié dans Versailles Mon Amour
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Grain de sel de Christine Surgins 28 juin : Versailles aillagonise (suite)…
La revue de défense du consommateur « Que Choisir » vient de publier dans son numéro 494 un essai comparatif portant sur 386 sites culturels (1). Que choisir commence par rappeler ce que nous répétons depuis des années : « Selon une étude nationale portant sur les retombées économiques et sociales du patrimoine, 1 euros investi dans ce secteur générerait de 10 à 95 euros de retombées directes ou indirectes selon les zones touristiques… ». Bref la culture n’a pas à être traitée comme une parente pauvre, qui coûte et ne rapporte rien, envers laquelle l’Etat consentirait une forme d’assistanat, charité qui le dispenserait de toute critique.
La RMN, réunion des musées nationaux, basée sur la mutualisation des ressources, les recettes des grands servant à aider les petits, « a volé en éclats et le « chacun pour soi » est désormais la règle. Le Louvre est ainsi devenu le premier site culturel mondial avec plus de 8,5 millions de visites en 2009. Il est suivi par Versailles (3ème avec 5,7 millions ), le centre Pompidou et Orsay (respectivement 9ème et 10ème). Face à ces musées d’envergure internationale, de plus en plus riches, de plus en plus puissants, le dénuement des « petits » est d’autant plus flagrant ».
La fracture est aussi territoriale, le fossé se creusant entre Paris et les régions. « De même le rajeunissement du public et l’ouverture sociale n’ont pas été au rendez-vous, loin s’en faut. Selon une étude du ministère de la Culture, le pourcentage des ouvriers ayant visité un musée au cours des douze derniers mois est passé de 23% en 1989 à 15 % en 2008. Même chose pour les agriculteurs, dont la proportion a chuté de 22 à 17 % ».
Les grands musées, devenus quasiment autonomes, se comportent comme n’importe quelle « pompe à fric » ; ce qui, en termes plus châtiés, s’exprime ainsi : « depuis 10 ans, le prix des billets est monté en flèche : plus 35 % pour le Louvre, plus 113% pour Versailles, plus 160 % pour le Centre Pompidou. Sans pour autant entamer la fréquentation grâce à une clientèle captive de touristes aisés, français ou étrangers, qui forment l’immense majorité des visiteurs »
« Comme partout ailleurs, le diktat de l’économie quantitative prime sur la notion de service public ». Le grand perdant est le grand public. « Dans les sites patrimoniaux qui encouragent la sur- fréquentation par tous les moyens, la visite, même en semaine et hors saison, relève du parcours du combattant ». Versailles, à ce titre, devient un cas d’école mention « victime de son succès ». Tarifs trop élevés et opaques (c’est tout juste si Que choisir ne parle pas de vente forcée quand, les jours des grandes eaux, le tarif est augmenté d’office qu’on y assiste ou pas).
Le pire est à venir, dénoncé également par un article du Parisien du 16 juin : « Certains jours c’est deux à trois heures d’attente pour les visiteurs individuels… » c’est mieux pour les groupes, « quarante à quarante-cinq minute de retard ». Le « surbooking » n’est pas loin. Bousculade et brouhaha, le palais ressemble au métro à l’heure de pointe, certains visiteurs ne voient…que les plafonds ! Les expositions temporaires sont montrées du doigt et « Que choisir » rejoint le Parisien : le « parcours du combattant se poursuiv(ant) dans les grands appartements, encombrés par une exposition de trônes. Sans compter qu’ils gênaient la circulation, ces lourds objets gâchaient la perspective de la galerie des glaces »…Versailles obtient, outre une 3ème place mondiale, « la palme du monument le plus mal géré ». Merci qui ?
Mr Aillagon, dans un musée hypersaturé, attire les badauds : on sait que ceux-ci se précipitent à la moindre toile froissée, Mr Aillagon leur organise des accidents culturels et ils vont roder aujourd’hui autour des carcasses d’acier corten. S’agit-il de servir Versailles ou la culture ou de soigner sa carrière en apparaissant comme « l‘homme qui déplace les foules » ? L’exposition sur les trônes, moins légitime qu’il y parait (à Versailles on ne mettait guère en valeur le trône… car c’était la personne du Roi qui était mise en scène), pêche surtout par sa tenue hors d ‘une salle dédiée, ce qui fut source de pagaille.
Voilà qui devrait devenir une règle d’Or : les expositions temporaires… doivent se dérouler dans des salles idoines… Arrêtons de livrer les monuments historiques à l’ égo surdimensionné des gestionnaires, sinon il faudra pousser les murs. Et Versailles continuera d’Aillagoniser….
Christine Sourgins
(1) « Valorisation à deux vitesses » , p. 46 à 54.
© 2011 over-blog.com – Tous droits réservés
Publié dans Versailles Mon Amour
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Versailles aillagonise, en 2011, …
De Christine Surgins Historienne de l’art ,sur son blog
17 juin 2011
Bernar de son prénom, mais sans « d », c’est plus chic, quoique consonnant toujours dangereusement avec le fameux « nanar » qui désole nos écrans.
Dans le dossier de presse de Versailles l’homme se vante d’avoir commencé sa carrière en peignant au goudron puis en exposant une sculpture composée d’un simple tas de charbon, autrement dit libérant l’œuvre des contraintes de la composition : bref, un bernard-limite de la sculpture. Le crustacé s’est aussi lancé dans la musique concrète : « je prends une brouette, lance un enregistreur à cassette et tourne en rond avec la brouette, j’obtiens un son monotone, très répétitif et ce sera l’équivalent auditif du goudron » sic ! (1) Les services du ministère nous claironnent, eux, que Nanar, pas fier, « s’empar(e) de New-York en 1966 » et par la même occasion de l’art minimal et conceptuel. Il en conçoit un programme qui prévoit d’arrêter sa carrière artistique en 1971 (Clin d’œil à Duchamp). Notre Bernar, qui se vante d’un « bac niveau moins 2 », ira donc pendant ce temps là, enseigner à la Sorbonne : voilà un sculpteur habile, sinon dans les formes, du moins dans la recherche des appuis ; il n’aura aucun mal à épouser une riche américaine (clin d’œil à Marx Ernst épousant Peggy Guggenheim). Bernar s’incruste donc à New-York et devient alors un « afreu » = artiste français résident aux Etats-Unis ».
Malheureusement pour Louis XIV, le Bernard-limite ne tient pas son programme et repique au marché de l’art, fournissant des œuvres minimalistes, aux formes aléatoires, avec prétextes mathématiques pour épater le bourgeois, mais qui ont la rigueur et la profondeur spirituelle de la brouette concertante. Continuer la lecture
Publié dans Versailles Mon Amour
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Lascaux-Versailles même combat
Par Ghislain de Diesbach*
Publié par La rédaction sur CultureMag.fr le 13/09/2010 •
L’on protège les grottes de Lascaux de l’air du temps, l’on veut garder intactes les somptueuses peintures et l’on a fabriqué de fausses grottes identiques aux vraies. On a eu bien raison. Peut être faudra t il un jour agir de même avec le château de Versailles ?
Pourquoi y installe-t-on même temporairement quelques objets non identifiés,oeuvres de Koons et de Murakami, homard, grenouille, extra terrestre, sans aucun rapport avec les appartements royaux ?
Pourquoi imagine-t-on que du choc des cultures va naître un bien être une nouvelle esthétique ? Pourquoi certains conservateurs ne veulent plus conserver mais révolutionner.
Les premiers meurtris dans cette affaire sont les mécènes qui offrent leur argent pour rendre à Versailles sa splendeur, rénover les couleurs, racheter des meubles, replanter des arbres, la liste de leurs bienfaits est longue. Grâce leur soit rendue !
es seconds sont les visiteurs du monde entier qui viennent souvent de fort loin pour admirer le château et à qui l’on impose autre chose. Le troisième groupe sont les enfants à qui l’on fait croire que ces objets sont à leur place là.
e dernier groupe enfin, c’est nous tous qui sommes en majorité opposés à ce mélange des genres, tous les sondages le prouvent, et dont on veut ignorer le refus .
Si certains conservateurs aiment par dessus tout notre « bel aujourd’hui» , qu’ils postulent donc pour Beaubourg, le musée d’art moderne ou d’autres galeries spécialisées .
Mais qu’ils laissent notre château de Versailles enchanter des millions d’êtres sans les scandaliser…
Si Versailles, dit-on a été, jadis, financièrement, le tombeau de la monarchie, il est certainement sûrement aujourd’hui, celui du bon goût.
*Ghislain de Diesbach
rand Prix de la biographie de l’Académie française 1992 pour Proust, il est l’auteur d’une trentaine d’essais littéraires, de biographies et d’ouvrages historiques.
Publié dans Versailles Mon Amour
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Le camps des saints de Jean Raspail
Relisons ce texte tiré de l’Apocalypse de Saint Jean , il a inspiré à Jean Raspail son terrible roman publié en 1973 : »A la fin des mille ans, Satan sera délivré de sa prison. Il en sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre coins de la terre., Gog et Magog, et les rassembler pour le combat, elles qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partirent en expédition sur la surface de la mer, elles investirent le camps des saints et la ville bien aimée. Mais Dieu fit tomber un feu du ciel qui les dévora. Et le diable qui les séduisait fut jeté dans l’étang du feu et du soufre, où étaient déjà la bête et le faux prophète, et où leur tourment, de jour et de nuit, durera aux siècles des siècles. Alors celui qui est assis sur le trône dit: » je serai son Dieu et il sera mon fils. Mais les lâches, les infidèles, les abominables, les impudiques, les magiciens, les idolâtres et tous les menteurs, leur part est dans l’étang de feu et de soufre, qui est la seconde mort. »
800.000 indiens quittent le Gange et naviguent vers les rives méditerranéennes . Leurs bateaux s’échouent et ils débarquent, écrasant tout sur leur passage. Cinquante jours durant, le temps de leur navigation, les palabres se succèdent mais rien n’est fait pour arrêter ce qu’il faut bien appeler une invasion. Tout se passe comme si Sainte Geneviève n’avait pas arrêté les Huns, braves gens sans aucun doute.
Récit terrifiant, ironie cinglante et conclusion sanglante: « L’histoire du monde blanc n’était plus qu’une affaire de milliers de moutons. » Il est des prophéties qu’on aimerait fausse ….Réédité , le livre est augmenté d’une préface intitulée Big Other . L’auteur persiste et signe avec peut être un peu plus d’espérance, la petite fille qui donne toujours la main, quoiqu’il arrive aux catholiques.
Ed Laffont
Publié dans Les émissions d'Anne Brassié
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Un grand artiste , Henri Charlier
Il peignait et sculptait comme tous les grands artistes loin de l’agitation du monde et sous le regard de Dieu. Ses oeuvres ornent bien des églises et des abbayes en France et à l’étranger . Il ne pensait pas que la rupture avec le passé soit un acte intelligent . Et selon lui « le beau est une valeur morale indispensable à la société . » Cette biographie écrite par son petit neveu, moine de l’abbaye Sainte Madeleine du Barroux intelligente, spirituelle et si actuelle est l’antidote parfait à Koons, Murakami et Venet réunis. Les illustrations en sont belles et les propos d’Henri Charlier sur l’art publiés dès 1956 dans l’importante revue Itinéraires de Jean Madiran , une véritable lumière dans cet hiver de la culture que nous sommes en train de vivre .
Edtitions Terra Mare
– 157 rue de l’Université – 75007 ParisTél : +33(0)1 46 21 12 94 – Tél : +33(0)1 46 21 15 96
Publié dans Agenda, Les émissions d'Anne Brassié
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l’arbre de vie
Palme d’or du festival de Cannes mais aussi palme de l’ennui . Une famille d’Amérique profonde évolue sous nos yeux avec ses drames et ses joies, sur fond d’images beaucoup trop longues sur la création du monde , bouillonnement de volcans, vagues immenses, cieux nuageux…Une spiritualité vague , très new age s’en détache. Il faut s’aimer, Dieu nous aime mais où est Dieu quand un enfant meurt ? A la fin de la séance, le public baillait en grande majorité.
Publié dans Agenda
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